jeudi 14 mai 2009

Majorités "soviétiques" au Parlement européen : l'étude qui dérange

Pourquoi les grands partis et médias télévisés refusent-ils tout débat à la veille des Européennes, prétendant qu'elles seraient sans enjeu ? Parce que leur collusion est telle sur l'Europe que le moindre débat aurait pour conséquence de les affaiblir, chacun dans leur camp, au profit des "nonistes" de gauche et de droite. La convergence de l'UMP, du PS et du Modem en faveur de tous les traités européens quels qu'ils soient est bien connue. En revanche, est moins connue la convergence quasi totale de leurs votes au sein des grands groupes actuellement représentés au Parlement européen. C'est la conclusion d'une étude d'expert sur l'année 2008 et que nous publions ci-dessous. Le groupe du PPE-DE, qui rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens pour 97% des votes par appel nominal (rapports, résolutions) examinés par le Parlement européen. Depuis le début de la dernière mandature, neuf fois sur dix, les groupes où siègent l'UMP, le PS et le Modem votent de manière identique au Parlement européen. Un score digne de la Douma de l'ex Union soviétique.



Majorités "soviétiques" au Parlement européen : l'étude qui dérange

Etude réalisée par Jan Å Johansson, chercheur en Sciences politiques (Stockholm & Bruxelles)

3 mai 2009

Votes pour lesquels le PPE-DE et le PSE étaient en désaccord lors du vote final (vote par appel nominal) en 2008

Concernant les 535 votes finaux par appel nominal de 2008

Les 535 votes finaux par appel nominal étaient répartis de la manière suivante entre processus de prise de décision et déclarations:

126 procédures de codécision, première lecture,
1 procédure de codécision, troisième lecture,
8 procédures d’avis conforme,
29 procédures budgétaires ou procédures en vue de contrats interinstitutionnels,
30 procédures de décharge,
116 procédures de consultation,
8 dispositions relatives au règlement intérieur du PE, dont 3 procédures relatives à l’immunité,
217 initiatives propres ne relevant pas de la procédure législative (sur un total de 212 affaires, dont une affaire pour laquelle le vote par appel nominal concernait deux résolutions différentes émises par les groupes, ainsi qu’une affaire pour laquelle le vote par appel nominal concernait cinq résolutions différentes émises par les groupes).

Synthèse

1/ Lorsque les groupes PPE-DE, PSE et ADLE ne sont pas parvenus à un accord sur une affaire lors du vote final, les groupes étaient souvent divisés intérieurement.

2/ Pour 28 votes par appel nominal sur 535 (5 %), pour les votes finaux de 2008, les groupes PPE-DE, PSE et ADLE n’ont pas pu parvenir à un accord. Mais les 28 votes par appel nominal ne concernaient que 23 affaires puisque, pour deux de ces affaires, il y a eu plusieurs votes par appel nominal concernant diverses résolutions émises par les groupes.

3/ Les deux grands groupes politiques PPE-DE et PSE n’ont été en désaccord que pour 18 votes par appel nominal sur 535 (3 %), pour les votes finaux de 2008. Pour 7 de ces 18 votes par appel nominal, un des groupes a néanmoins choisi de s’abstenir lors du vote final et, dans un huitième cas, un groupe n’a pas voté du tout. Il reste 10 votes par appel nominal sur 535 (1,9 %), pour lesquels le PPE-DE et le PSE ont donc été en totale opposition et ont enfreint le principe du consensus au sein du PE.

4/ Sur les 23 affaires pour lesquelles il y a eu un désaccord entre les trois grands groupes politiques, 18 affaires relevaient de l’initiative propre et non de la procédure législative (il ne s’agissait donc que de l’expression d’un souhait), trois de la procédure de consultation (en principe, également une simple déclaration au Conseil), et deux affaires relevaient de la procédure de codécision en première lecture.

5/ Les 10 votes par appel nominal pour lesquels le PPE-DE et le PSE ont été en désaccord concernaient neuf affaires. Sur ces neuf affaires, sept relevaient de l’initiative propre et non de la procédure législative (il ne s’agissait donc que de l’expression d’un souhait), une de la procédure de consultation (en principe, également une simple déclaration au Conseil), et une de la procédure de codécision en première lecture (un rapport relatif aux règles communes et traitant des normes et procédures communes concernant le retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier).

Le groupe démocrate chrétien/conservateur (PPE-DE) et le groupe socialiste (PSE) sont donc parvenus à un "compromis" dans 97 % des 535 votes par appel nominal, parmi les votes finaux qui ont eu lieu au Parlement européen en 2008.

Pourquoi les prix de l'électricité et du gaz vont s'envoler

Les prix de marché de l’électricité sont naturellement bien plus élevés que les tarifs dits "régulés" dont nous bénéficions aujourd’hui. Quant aux prix du gaz, ils suivent ceux du pétrole. Avec la libéralisation du marché de l'énergie et la fin programmée des tarifs régulés, la facture énergie des Français risque de subir une forte hausse, de l’ordre de 25%...pour commencer. Celle des entreprises et des collectivités, qui sont entrées les premières dans le système, a déjà augmenté de plus de 60% depuis la libéralisation...



Pourquoi les prix de l'électricité et du gaz vont s'envoler

En décembre dernier, la Commission européenne a ouvert une procédure d'infraction contre la France, au motif que ces tarifs contreviennent à la directive de 2003 instaurant la concurrence [1]. Le 11 mars 2009, elle a étendu son enquête et lancé une perquisition-surprise chez EDF (La Commission soupçonne par ailleurs EDF d'être l'instigateur potentiel d'une hausse des prix sur le marché de gros de l'électricité en France)

Des textes initiés par la Commission où siégeait M. Barnier et adoptés par les députés UMP

Trois directives réalisent progressivement le marché unique de l’électricité et du gaz par l’ouverture de ces secteurs à la concurrence (92/92/CE du 19 décembre 1996, 98/30/CE du 22 juin 1998 et 2003/54/CE du 26 juin 2003).

Lors de l'adoption de la dernière en date (2003/54/CE sur la dérégulation du marché de l'électricité), Michel Barnier et Pascal Lamy étaient Commissaires. Au Parlement, PPE (dont Mme Grossetête et M Lamassoure), PSE (sauf Français) et Verts avaient voté "pour" par 351 voix, 79 "contre" (souverainistes, chasseurs, socialistes français, FN) et 114 "abstentions".

Elles ont été transposées par le Parlement français (les 10 février 2000, 3 janvier 2003, 9 août 2004, 13 juillet 2005, 7 décembre 2006 et 21 janvier 2008)

En théorie, les usagers peuvent choisir entre tarif libre et tarif régulé

Les entreprises et collectivités depuis 2004, et les ménages depuis le 1er juillet 2007 sont libres de choisir leur fournisseur de gaz et d'électricité.

Ils peuvent opter pour des offres à prix libres ou à prix réglementés par l’Etat. Ces derniers sont évidemment très inférieurs aux prix du marché et fluctuant peu car indexés sur le coût de la vie.

En pratique, EDF et Gaz de France poussent leurs clients à passer au tarif libre...

De fait, EDF et Gaz de France, en tant qu’opérateurs historiques, sont les seuls (avec Electricité de Strasbourg et de Grenoble, Usine de Metz) à conserver 2 types de tarifs, le régulé et le concurrentiel.

Devenues Sociétés Anonymes, avec une concurrence à affronter et des actionnaires à rétribuer, elles doivent pousser au maximum de leurs clients à quitter le tarif régulé, par divers avantages (contrat unique, une seule facture, diagnostiques gratuits d’installation, cafetière offerte, promesse de baisse de la facture la première année et dès la signature etc.)

En 2008, le nombre de foyers ayant souscrit à un fournisseur alternatif a fortement augmenté. Selon la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), déjà 698.500 foyers se sont tournés vers un fournisseur alternatif d’électricité (Poweo, Direct Energie etc.), dont au moins un millier sans l'avoir demandé. En effet, les pratiques commerciales douteuses (vente forcée) se développent, comme on l'a déjà vécu avec la téléphonie mobile et la fourniture d'accès à Internet, ou comme au Royaume-Uni : démarchage à domicile, clauses abusives, offres aux prix attractifs sans garantie de pérennité etc.

...et l'usager ne pourra plus jamais revenir au tarif régulé

Après avoir testé le tarif libre chez un quelconque opérateur (y compris EDF, GDF), il est définitivement interdit de revenir au tarif réglementé des opérateurs historiques, et ce :

- dès à présent pour les acheteurs d’énergie en gros (grosses entreprises, hôpitaux etc.)

- à partir du 1er juillet 2010 pour les particuliers et les petites entreprises (consommant moins de 36 kilovoltampères)

Le passage au tarif libre signifie brusque élévation de la facture et impossible retour en arrière

C'est l'exemple de l’hôpital de Besançon. En 2004, le directeur de cet hôpital, démarché par ENDESA a quitté EDF et son tarif régulé. La première année, il constata avec plaisir une baisse de 10% sur la facture d’électricité (la concurrence et le marché ont du bon). Douche froide la deuxième année : + 70% sur la facture ENDESA.

Le directeur de l’hôpital demande alors son retour à EDF et au tarif régulé. Il s’entend alors proposer alors par EDF une offre inférieure à 10% de celle d’ENDESA. Dès lors qu’il avait fait jouer la concurrence, il n’était pas possible de revenir au tarif régulé.

Résultat pour l’hôpital : + 50% en 2 ans et en conséquence de ces dépenses budgétaires supplémentaires, il a fallu supprimer des lits (pénalisant les usagers) et des postes de personnel soignant.

Les menaces sur la facture énergétique des locataires ou propriétaires qui changent de logement

Les contrats d’abonnement au gaz et à l’électricité s'appliquent désormais à la résidence et non plus à la personne : un particulier qui emménage dans un logement dont les précédents occupants avaient opté pour un tarif libre ne pourra plus, à partir du 1er juillet 2010, revenir sur le choix fait par son prédécesseur.

Pour ceux qui emménagent dans un logement ancien dont le précédent occupant a renoncé au tarif régulé, il y a un risque élevé que leurs factures d'énergie s'alourdissent. Pour ceux qui s'installent dans un logement neuf, en revanche, ils pourront continuer à bénéficier du tarif régulé jusqu'en 2010 pour l'électricité, mais pas pour le gaz.

Pour ceux qui achèteront une maison ou un appartement : si le vendeur était resté au tarif régulé EDF et/ou GDF, pas de problème. S’il avait fait jouer son éligibilité (donc quitté EDF et/ou GDF tarif régulé), il est impossible de prétendre au tarif régulé.

Pour les bailleurs, il y aura des difficultés futures à louer leur logement si ceux-ci ne sont plus au tarif régulé, sachant que la loi leur interdit d’imposer à leur locataire un fournisseur.

Pour ceux qui bâtiront et raccorderont un logement neuf au réseau de distribution d'énergie après le 1er juillet 2010, il n’y aura pas d’accès au tarif réglementé.

Après les entreprises, les particuliers doivent s'attendre à une hausse probable de leur facture énergétique, contrairement aux promesses de la directive

Pour les entreprises, les factures d’électricité ont grimpé de 65 %.

Selon l'UFC-Que choisir, pour les particuliers de plus en plus nombreux qui quitteront les tarifs réglementés, cela représentera en moyenne une dépense annuelle supplémentaire de 1.222 euros pour un ménage de 4 personnes qui éclaire et chauffe son logement à l'électricité.

Dans un rapport de 2002 de l'Ecole des mines, on trouve cette conclusion :

« Contrairement à ce qu’ont promis certains commentateurs, et à ce qu’espèrent bien des consommateurs, il est en outre probable que la libéralisation n’apportera pas d’importantes baisses des prix de l’électricité – ceux-ci devraient à terme converger vers le coût marginal de long terme, réalisant précisément le programme que Marcel Boiteux fixait à un monopole d’Etat « éclairé ». En tout état de cause, une part importante du secteur conservera un statut de monopole naturel, et une surveillance étroite des pouvoirs publics à l’égard des mécanismes de marché restera nécessaire. »

Autrement dit, avant que Bruxelles ne s'en mêle, la France avait une politique énergétique réfléchie et cohérente et au mieux l'Europe mettra une trentaine d'années d'indécision et de facture alourdie pour l'usager avant d'arriver, peut-être, à la même chose.

Nicolas Vignon

mardi 12 mai 2009

L’Europe protectrice c’est l’Europe de Libertas

Ils n’ont que ce mot là à la bouche. Comme une formule incantatoire censée éloigner le mauvais sort, ils n’ont de cesse de le prononcer pour étouffer les inquiétudes nées de la crise.

« Ils », ce sont les candidats en campagne et ce mot magique, c’est « protection. »
Comme un produit en vogue sur un marché économique, il possède ses dérivés : protectionnisme, protéger, protecteur.
Parce que ce terme mérite mieux qu’une récupération éphémère et électoraliste, Libertas vous en dit plus et dévoile sans tabous les dessous du protectionnisme.

La préférence communautaire, établie par le traité de Rome et ainsi voulue par les pères fondateurs de l’Europe, a été petit à petit mise à mal par les traités suivants et les élargissements, favorables au libre-échange. Ainsi, dans la Communauté à Six, la France était parvenue, non sans mal, à faire prévaloir son attachement à la « préférence communautaire ».
Depuis les accords du GATT, le principe est tombé en désuétude et le seul article faisant référence à une « préférence naturelle » entre les États membres, l’article 44-2 du traité de Rome, a été abrogé par le traité d’Amsterdam.

Le traité de Lisbonne (faut-il le rappeler, copié-collé de la Constitution rejetée par les peuples en 2005) s’inscrit dans cette même lignée libre-échangiste. Ainsi le préambule annonce clairement cette volonté : « Désireux de contribuer, grâce à une politique commerciale commune, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux ».
De même, le futur Article 206 (ex-article 131 du TCE !) est on ne peut plus clair : « Par l’établissement d’une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres ».

Alors que signifient les slogans de l’UMP « pour une Europe qui protège » et les diatribes des têtes de liste en faveur de la protection ? Rien d’autre que le parti majoritaire se moque de ses électeurs et des Français. Comment peuvent-ils parler en faveur de la protection alors qu’ils ont agi en faveur du libre-échange ? L’Europe qu’ils ont construite n’a été qu’un marche-pied de la mondialisation sauvage, avec le résultat que l’on connaît, la crise. Et aujourd’hui, alors que se profile une échéance décisive pour l’avenir de l’Europe, Libertas vous offre la possibilité de renouer avec l’esprit du traité de Rome, de construire une Europe protectrice de nos emplois et de nos traditions. Le 7 juin, il s’agira de choisir entre une Europe mondialiste et libre-échangiste, ou une Europe protectrice et respectueuse des peuples.
Il n’y pas d’autres enjeux.

Le 7 juin, il faut donner sa voix à la cohérence.
Le 7 juin il faut donner sa voix à l’efficacité.
Le 7 juin, c’est à vous de choisir!

Libertas avec les agriculteurs

Article paru dans la revue des Jeunes Agriculteurs, mai 2009.

La question agricole est un élément clé en Europe et un élément clé de cette campagne européenne, au regard notamment de l’importance de la PAC. C’est également un des piliers de notre campagne. Il faut être vigilant face à cette réforme. Elle ne doit pas se faire au détriment des agriculteurs français. L’agriculture européenne doit être défendue à l’OMC. Nous ne pouvons accepter qu’on la brade contre des Boeing. L’agriculture ne doit pas être une arme politique que l’on joue les uns contre les autres. La cerise sur le gâteau serait de sortir l’agriculture de l’OMC. Il faut assurer la préférence communautaire et mettre fin à cette démarche mondialiste en matière d’agriculture. Nous devons soutenir notre production agricole européenne et la défendre. Pour cela, les agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur production de leurs prix et non des aides. Il est nécessaire d’offrir une meilleure sécurité économique à nos agriculteurs. L’Europe doit arrêter de réaliser des plans quinquennaux, prendre en compte les fluctuations du marché, et être réactive. Jouons sur les quotas ; leur définition et leur maîtrise pour booster une remontée des prix et non jouer la carte de la mondialisation qui fait chuter les prix et tue nos agriculteurs qui ne peuvent pas continuer de vendre à perte. L’Europe doit raisonner « agriculteurs » et pas seulement « production agricole » et ne doit pas oublier que les agriculteurs sont des acteurs économiques et sociaux du monde rural. L’Europe doit également soutenir la diversification, le développement des activités économiques agricoles, notamment par les jeunes en mettant en œuvre une politique ambitieuse. Elle le pourrait grâce aux crédits de développement rural, car l’agriculture est une activité économique à part entière, qui contribue à fixer des populations et d’autres activités sur les territoires tout en y assurant le développement économique. En France, nous devons nous atteler aux problèmes des grandes centrales d’achat et de la grande distribution. Pour les consommateurs, manger des fruits et légumes est devenu un luxe, alors que les producteurs vendent quasiment à perte. Il en est de même pour les éleveurs laitiers entre autres. Il faut que certains intermédiaires cessent de se sucrer sur le dos des producteurs et des consommateurs ! »

lundi 11 mai 2009

Petite leçon de démocratie

Regarder cette magnifique vidéo qui nous ouvre les yeux sur l'Europe .
Je retiendrais surtout que Cohn Bendit a traité de débiles mentaux les opposants au TCE!

Villiers et Ganley rassemblent leur Europe contre Bruxelles

« Nous souhaitons revenir à l’esprit du traité de Rome signé en 1957 »
Declan Ganley confirme « Nous sommes d’accord sur tout. Même si nos adversaires prétendent le contraire. Le meilleur exemple est celui de l’adhésion de la Turquie à l’UE. On a voulu faire croire que j’y étais favorable alors que Philippe y est opposé. Or, personnellement je ne pense pas que cette adhésion soit une bonne idée et, de toute façon, est une question qui doit être soumise à référendum
dans chacun des pays membres ». Quoi qu’il en soit, fédérer au sein d’une mouvance paneuropéenne des personnalités ou des organisations venues d’horizons dissemblables et exaltant leurs spécificités n’est pas un exercice de tout repos. Curieusement, c’est à l’Australien Lynton Crosby (qui a coordonné plusieurs campagnes électorales en Australie et en Angleterre, dont celle - victorieuse – du nouveau maire de Londres) qu’échoit cette tâche « Nous avons affaire à des pays linguistiquement et culturellement distinct , reconnaît-il. Dans certains cas, comme la France, il existait des mouvements structures, dans d autres, comme en Europe de l’Est, il a fallu les créer. Et on ne veut pas unifier de manière autoritaire et centralisée puisque c’est exactement ce que Libertas reproche à la Commission européenne ». D’où ce meeting romain, qui se veut fondateur et novateur. Pourquoi Rome ? « Primo, parce que c’est le berceau de la civilisation européenne, explique Philippe de Villiers ; secundo, parce que nous souhaitons revenir à l’esprit du traité de Rome signé en 1957, c’est-à-dire à une coopération entre Etats qui n’a rien à voir avec l’intégration actuelle. Cela prouve d’ailleurs que nous ne sommes pas europhobes. » Côté mise en scène, rien n’est laissé au hasard. Sur l’estrade, la Néerlandaise Eline Van den Broek, 28 ans, économiste et universitaire surdiplômée, fait applaudir chaque délégation nationale par une assistance surchauffée (où la jeunesse se taille la part belle). Puis les orateurs se succèdent : Villiers, Nihous, Ganley, les anciens Premiers ministres letton et slovaque, Guntars Krasts et Jan Carnogursky, l’Italien Teodoro Buontempo, l’Espagnol Miguel Duran et le Grec Emmanuil Kalligiannis. Chacun, dans son style et sa langue, répète et martèle le credo de Libertas. Une plate-forme commune qui entend définir une fois pour toutes un périmètre européen. Autrement dit, en exclure la Turquie, qui « ne fait ni géographiquement ni historiquement partie de l’Europe ».

« La Commission européenne ne respecte pas la voix des peuples »
Libertas entend également s’opposer au traité de Lisbonne, lequel « transfère plus de cinquante compétences nationales à la Commission européenne, clique non élue qui ne respecte pas la voix des peuples ». Enfin, établir la préférence communautaire en matière économique, « telle qu’elle était prévue dans le traité de Rome, avec l’union douanière ». Ce qui revient à taxer les produits hors- Union européenne afin de protéger les emplois et les industries sur le continent. Clou du spectacle, l’apparition surprise d’un très médiatique parrain : Lech Walesa. Invité par Ganley, qui le décrit comme son « héros personnel et le symbole de la liberté », l’ex-leader de Solidarnosc déplore au micro l’abandon des chantiers navals de Gdansk par Bruxelles et en appelle au sursaut des peuples. Succès garanti malgré quelques lazzis de compatriotes polonais, vite étouffés par des ovations enthousiastes. Incident qui ne douchera pas le patron de Libertas, lequel espère bien former un groupe de poids au Parlement européen, capable de mettre fin à la « cogestion politique de cette assemblée » par les deux groupes majoritaires : le Parti populaire européen (PPE, droite) et le PSE (Parti socialiste européen, gauche). « Leurs jours sont comptes », promet-il à ses troupes en guise de conclusion. Reste à savoir si les Européens ont tous le tempérament irlandais.

samedi 9 mai 2009

Manifeste pour les élections européennes : en nous empêchant de parler, on vous empêche de penser

Si les choses suivent leur cours, la campagne des Européennes 2009 restera, à n’en pas douter, totalement unique dans les annales de la démocratie française.

- Unique, d’abord, par l’aplomb méprisant du parti au pouvoir, qui concentre jusqu’à l’absurde toutes les manettes de la machine médiatique, faisant régner la peur dans les coursives des rédactions, et qui, par la menace, les faveurs et la cooptation intellectuelle, s’emploie à marginaliser tout discours vrai sur son bilan (maigre) et sa stratégie au service des peuples (inexistante). Libertas, qui incarne un recours vrai, est inaudible, marginalisé, stigmatisé. Sur ordre. Le sarkozysme a une face sombre, incarnée par cette multitude de porte-voix et porte-coton subventionnés, omniprésents du matin au soir sur tous les canaux, sur toutes les ondes, et qui réduisent les médias dans lesquels ils officient au rang de vulgaires mégaphones siglés UMP. Ce rôle assumé de chiens de garde du discours officiel, est-ce digne d’une démocratie mature ? Le peuple doit-il le supporter sans réagir ?- Unique, ensuite, par la nocivité des non-programmes que distillent –entre deux cocktails élitistes - les people dilettantes censés incarner l’offre européenne des formations « traditionnelles » (celle des rentiers et cumulards du système). Tous, sans exception, nous vendent, vous vendent le logiciel de la « mondialisation heureuse », plus ou moins camouflé sous les oripeaux d’un volontarisme opportuniste auquel aucun, sans exception, ne croit. Tandis que le Titanic du fédéralisme, fracassé contre l’iceberg du libre-échange dogmatique, achève de couler, l’orchestre des « intelligents » continue de jouer la valse lancinante des vieilles habitudes et des lâches compromis ; - Unique, enfin, par le mépris que ces « intelligents » autoproclamés réservent au peuple, ce ramassis d’attardés forcément aveugles, qui ne saisissent pas les impératifs d’une politique bruxelloise « globale » à laquelle, au nom du Progrès, il ne faudrait surtout rien changer. Ils nous méprisaient au moment du référendum sur la Constitution en 2005 ; ils nous méprisent encore aujourd’hui. Les peuples qui réfléchissent sont dangereux. Ceux qui tiennent un discours vrai favorisant cette prise de conscience objective doivent être baillonnés. Libertas doit se taire. Grâce à l’étouffoir médiatique, à l’aide de consignes strictes, la stratégie est en passe de réussir.

Les électeurs, même ceux éloignés de nos idées, mais qui tiennent à un débat pluraliste, peuvent-ils accepter ce déni de démocratie ? Peuvent-ils accepter que leur intelligence, que leur aptitude à décrypter un argumentaire alternatif soit ainsi niées ? Les sondages prévoient une abstention record : le résultat logique du non-débat qui règne. Alors que la nouvelle culture politique, celle du spectacle et de la superficialité promue par l’Über-Parti pour un Marché Prépondérant (UMP), menace d’emporter dans sa médiocrité les derniers lambeaux d’information démocratique, comment faire pour que les citoyens reprennent l’initiative ? Il faut un sursaut. Une prise de conscience nationale. Une insurrection de la pensée pour redonner à la politique sa noblesse : celle du débat contradictoire, argument contre argument. Cela passe par un temps de parole plus équitable, un accès de tous les projets aux grands quotidiens nationaux, aux journaux du soir des grandes chaînes. Chacun peut constater ce qu’il en est : à ce point, l’inéquité médiatique confine à la caricature pathétique. En poignardant ce pluralisme, l’Etat-média actuel insulte en permanence à la dignité du peuple, considéré comme un gibier captif que l’on mène à l’isoloir à la baguette.

Pour secouer ce joug médiatique, pour revivifier la démocratie et le débat, AIDEZ-NOUS, protestez, battez-vous, de quelque bord que vous soyez. Nous pouvons être d’accord. Nous pouvons ne pas l’être. Mais en nous empêchant de parler, on vous empêche de penser.

http://www.libertas2009.fr/participer/petitions/manifeste-pour-les-elections-europeennes-en-nous-empechant-de-parler-on-vous-empeche-de-penser