jeudi 14 mai 2009

Majorités "soviétiques" au Parlement européen : l'étude qui dérange

Pourquoi les grands partis et médias télévisés refusent-ils tout débat à la veille des Européennes, prétendant qu'elles seraient sans enjeu ? Parce que leur collusion est telle sur l'Europe que le moindre débat aurait pour conséquence de les affaiblir, chacun dans leur camp, au profit des "nonistes" de gauche et de droite. La convergence de l'UMP, du PS et du Modem en faveur de tous les traités européens quels qu'ils soient est bien connue. En revanche, est moins connue la convergence quasi totale de leurs votes au sein des grands groupes actuellement représentés au Parlement européen. C'est la conclusion d'une étude d'expert sur l'année 2008 et que nous publions ci-dessous. Le groupe du PPE-DE, qui rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens pour 97% des votes par appel nominal (rapports, résolutions) examinés par le Parlement européen. Depuis le début de la dernière mandature, neuf fois sur dix, les groupes où siègent l'UMP, le PS et le Modem votent de manière identique au Parlement européen. Un score digne de la Douma de l'ex Union soviétique.



Majorités "soviétiques" au Parlement européen : l'étude qui dérange

Etude réalisée par Jan Å Johansson, chercheur en Sciences politiques (Stockholm & Bruxelles)

3 mai 2009

Votes pour lesquels le PPE-DE et le PSE étaient en désaccord lors du vote final (vote par appel nominal) en 2008

Concernant les 535 votes finaux par appel nominal de 2008

Les 535 votes finaux par appel nominal étaient répartis de la manière suivante entre processus de prise de décision et déclarations:

126 procédures de codécision, première lecture,
1 procédure de codécision, troisième lecture,
8 procédures d’avis conforme,
29 procédures budgétaires ou procédures en vue de contrats interinstitutionnels,
30 procédures de décharge,
116 procédures de consultation,
8 dispositions relatives au règlement intérieur du PE, dont 3 procédures relatives à l’immunité,
217 initiatives propres ne relevant pas de la procédure législative (sur un total de 212 affaires, dont une affaire pour laquelle le vote par appel nominal concernait deux résolutions différentes émises par les groupes, ainsi qu’une affaire pour laquelle le vote par appel nominal concernait cinq résolutions différentes émises par les groupes).

Synthèse

1/ Lorsque les groupes PPE-DE, PSE et ADLE ne sont pas parvenus à un accord sur une affaire lors du vote final, les groupes étaient souvent divisés intérieurement.

2/ Pour 28 votes par appel nominal sur 535 (5 %), pour les votes finaux de 2008, les groupes PPE-DE, PSE et ADLE n’ont pas pu parvenir à un accord. Mais les 28 votes par appel nominal ne concernaient que 23 affaires puisque, pour deux de ces affaires, il y a eu plusieurs votes par appel nominal concernant diverses résolutions émises par les groupes.

3/ Les deux grands groupes politiques PPE-DE et PSE n’ont été en désaccord que pour 18 votes par appel nominal sur 535 (3 %), pour les votes finaux de 2008. Pour 7 de ces 18 votes par appel nominal, un des groupes a néanmoins choisi de s’abstenir lors du vote final et, dans un huitième cas, un groupe n’a pas voté du tout. Il reste 10 votes par appel nominal sur 535 (1,9 %), pour lesquels le PPE-DE et le PSE ont donc été en totale opposition et ont enfreint le principe du consensus au sein du PE.

4/ Sur les 23 affaires pour lesquelles il y a eu un désaccord entre les trois grands groupes politiques, 18 affaires relevaient de l’initiative propre et non de la procédure législative (il ne s’agissait donc que de l’expression d’un souhait), trois de la procédure de consultation (en principe, également une simple déclaration au Conseil), et deux affaires relevaient de la procédure de codécision en première lecture.

5/ Les 10 votes par appel nominal pour lesquels le PPE-DE et le PSE ont été en désaccord concernaient neuf affaires. Sur ces neuf affaires, sept relevaient de l’initiative propre et non de la procédure législative (il ne s’agissait donc que de l’expression d’un souhait), une de la procédure de consultation (en principe, également une simple déclaration au Conseil), et une de la procédure de codécision en première lecture (un rapport relatif aux règles communes et traitant des normes et procédures communes concernant le retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier).

Le groupe démocrate chrétien/conservateur (PPE-DE) et le groupe socialiste (PSE) sont donc parvenus à un "compromis" dans 97 % des 535 votes par appel nominal, parmi les votes finaux qui ont eu lieu au Parlement européen en 2008.

Pourquoi les prix de l'électricité et du gaz vont s'envoler

Les prix de marché de l’électricité sont naturellement bien plus élevés que les tarifs dits "régulés" dont nous bénéficions aujourd’hui. Quant aux prix du gaz, ils suivent ceux du pétrole. Avec la libéralisation du marché de l'énergie et la fin programmée des tarifs régulés, la facture énergie des Français risque de subir une forte hausse, de l’ordre de 25%...pour commencer. Celle des entreprises et des collectivités, qui sont entrées les premières dans le système, a déjà augmenté de plus de 60% depuis la libéralisation...



Pourquoi les prix de l'électricité et du gaz vont s'envoler

En décembre dernier, la Commission européenne a ouvert une procédure d'infraction contre la France, au motif que ces tarifs contreviennent à la directive de 2003 instaurant la concurrence [1]. Le 11 mars 2009, elle a étendu son enquête et lancé une perquisition-surprise chez EDF (La Commission soupçonne par ailleurs EDF d'être l'instigateur potentiel d'une hausse des prix sur le marché de gros de l'électricité en France)

Des textes initiés par la Commission où siégeait M. Barnier et adoptés par les députés UMP

Trois directives réalisent progressivement le marché unique de l’électricité et du gaz par l’ouverture de ces secteurs à la concurrence (92/92/CE du 19 décembre 1996, 98/30/CE du 22 juin 1998 et 2003/54/CE du 26 juin 2003).

Lors de l'adoption de la dernière en date (2003/54/CE sur la dérégulation du marché de l'électricité), Michel Barnier et Pascal Lamy étaient Commissaires. Au Parlement, PPE (dont Mme Grossetête et M Lamassoure), PSE (sauf Français) et Verts avaient voté "pour" par 351 voix, 79 "contre" (souverainistes, chasseurs, socialistes français, FN) et 114 "abstentions".

Elles ont été transposées par le Parlement français (les 10 février 2000, 3 janvier 2003, 9 août 2004, 13 juillet 2005, 7 décembre 2006 et 21 janvier 2008)

En théorie, les usagers peuvent choisir entre tarif libre et tarif régulé

Les entreprises et collectivités depuis 2004, et les ménages depuis le 1er juillet 2007 sont libres de choisir leur fournisseur de gaz et d'électricité.

Ils peuvent opter pour des offres à prix libres ou à prix réglementés par l’Etat. Ces derniers sont évidemment très inférieurs aux prix du marché et fluctuant peu car indexés sur le coût de la vie.

En pratique, EDF et Gaz de France poussent leurs clients à passer au tarif libre...

De fait, EDF et Gaz de France, en tant qu’opérateurs historiques, sont les seuls (avec Electricité de Strasbourg et de Grenoble, Usine de Metz) à conserver 2 types de tarifs, le régulé et le concurrentiel.

Devenues Sociétés Anonymes, avec une concurrence à affronter et des actionnaires à rétribuer, elles doivent pousser au maximum de leurs clients à quitter le tarif régulé, par divers avantages (contrat unique, une seule facture, diagnostiques gratuits d’installation, cafetière offerte, promesse de baisse de la facture la première année et dès la signature etc.)

En 2008, le nombre de foyers ayant souscrit à un fournisseur alternatif a fortement augmenté. Selon la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), déjà 698.500 foyers se sont tournés vers un fournisseur alternatif d’électricité (Poweo, Direct Energie etc.), dont au moins un millier sans l'avoir demandé. En effet, les pratiques commerciales douteuses (vente forcée) se développent, comme on l'a déjà vécu avec la téléphonie mobile et la fourniture d'accès à Internet, ou comme au Royaume-Uni : démarchage à domicile, clauses abusives, offres aux prix attractifs sans garantie de pérennité etc.

...et l'usager ne pourra plus jamais revenir au tarif régulé

Après avoir testé le tarif libre chez un quelconque opérateur (y compris EDF, GDF), il est définitivement interdit de revenir au tarif réglementé des opérateurs historiques, et ce :

- dès à présent pour les acheteurs d’énergie en gros (grosses entreprises, hôpitaux etc.)

- à partir du 1er juillet 2010 pour les particuliers et les petites entreprises (consommant moins de 36 kilovoltampères)

Le passage au tarif libre signifie brusque élévation de la facture et impossible retour en arrière

C'est l'exemple de l’hôpital de Besançon. En 2004, le directeur de cet hôpital, démarché par ENDESA a quitté EDF et son tarif régulé. La première année, il constata avec plaisir une baisse de 10% sur la facture d’électricité (la concurrence et le marché ont du bon). Douche froide la deuxième année : + 70% sur la facture ENDESA.

Le directeur de l’hôpital demande alors son retour à EDF et au tarif régulé. Il s’entend alors proposer alors par EDF une offre inférieure à 10% de celle d’ENDESA. Dès lors qu’il avait fait jouer la concurrence, il n’était pas possible de revenir au tarif régulé.

Résultat pour l’hôpital : + 50% en 2 ans et en conséquence de ces dépenses budgétaires supplémentaires, il a fallu supprimer des lits (pénalisant les usagers) et des postes de personnel soignant.

Les menaces sur la facture énergétique des locataires ou propriétaires qui changent de logement

Les contrats d’abonnement au gaz et à l’électricité s'appliquent désormais à la résidence et non plus à la personne : un particulier qui emménage dans un logement dont les précédents occupants avaient opté pour un tarif libre ne pourra plus, à partir du 1er juillet 2010, revenir sur le choix fait par son prédécesseur.

Pour ceux qui emménagent dans un logement ancien dont le précédent occupant a renoncé au tarif régulé, il y a un risque élevé que leurs factures d'énergie s'alourdissent. Pour ceux qui s'installent dans un logement neuf, en revanche, ils pourront continuer à bénéficier du tarif régulé jusqu'en 2010 pour l'électricité, mais pas pour le gaz.

Pour ceux qui achèteront une maison ou un appartement : si le vendeur était resté au tarif régulé EDF et/ou GDF, pas de problème. S’il avait fait jouer son éligibilité (donc quitté EDF et/ou GDF tarif régulé), il est impossible de prétendre au tarif régulé.

Pour les bailleurs, il y aura des difficultés futures à louer leur logement si ceux-ci ne sont plus au tarif régulé, sachant que la loi leur interdit d’imposer à leur locataire un fournisseur.

Pour ceux qui bâtiront et raccorderont un logement neuf au réseau de distribution d'énergie après le 1er juillet 2010, il n’y aura pas d’accès au tarif réglementé.

Après les entreprises, les particuliers doivent s'attendre à une hausse probable de leur facture énergétique, contrairement aux promesses de la directive

Pour les entreprises, les factures d’électricité ont grimpé de 65 %.

Selon l'UFC-Que choisir, pour les particuliers de plus en plus nombreux qui quitteront les tarifs réglementés, cela représentera en moyenne une dépense annuelle supplémentaire de 1.222 euros pour un ménage de 4 personnes qui éclaire et chauffe son logement à l'électricité.

Dans un rapport de 2002 de l'Ecole des mines, on trouve cette conclusion :

« Contrairement à ce qu’ont promis certains commentateurs, et à ce qu’espèrent bien des consommateurs, il est en outre probable que la libéralisation n’apportera pas d’importantes baisses des prix de l’électricité – ceux-ci devraient à terme converger vers le coût marginal de long terme, réalisant précisément le programme que Marcel Boiteux fixait à un monopole d’Etat « éclairé ». En tout état de cause, une part importante du secteur conservera un statut de monopole naturel, et une surveillance étroite des pouvoirs publics à l’égard des mécanismes de marché restera nécessaire. »

Autrement dit, avant que Bruxelles ne s'en mêle, la France avait une politique énergétique réfléchie et cohérente et au mieux l'Europe mettra une trentaine d'années d'indécision et de facture alourdie pour l'usager avant d'arriver, peut-être, à la même chose.

Nicolas Vignon

mardi 12 mai 2009

L’Europe protectrice c’est l’Europe de Libertas

Ils n’ont que ce mot là à la bouche. Comme une formule incantatoire censée éloigner le mauvais sort, ils n’ont de cesse de le prononcer pour étouffer les inquiétudes nées de la crise.

« Ils », ce sont les candidats en campagne et ce mot magique, c’est « protection. »
Comme un produit en vogue sur un marché économique, il possède ses dérivés : protectionnisme, protéger, protecteur.
Parce que ce terme mérite mieux qu’une récupération éphémère et électoraliste, Libertas vous en dit plus et dévoile sans tabous les dessous du protectionnisme.

La préférence communautaire, établie par le traité de Rome et ainsi voulue par les pères fondateurs de l’Europe, a été petit à petit mise à mal par les traités suivants et les élargissements, favorables au libre-échange. Ainsi, dans la Communauté à Six, la France était parvenue, non sans mal, à faire prévaloir son attachement à la « préférence communautaire ».
Depuis les accords du GATT, le principe est tombé en désuétude et le seul article faisant référence à une « préférence naturelle » entre les États membres, l’article 44-2 du traité de Rome, a été abrogé par le traité d’Amsterdam.

Le traité de Lisbonne (faut-il le rappeler, copié-collé de la Constitution rejetée par les peuples en 2005) s’inscrit dans cette même lignée libre-échangiste. Ainsi le préambule annonce clairement cette volonté : « Désireux de contribuer, grâce à une politique commerciale commune, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux ».
De même, le futur Article 206 (ex-article 131 du TCE !) est on ne peut plus clair : « Par l’établissement d’une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres ».

Alors que signifient les slogans de l’UMP « pour une Europe qui protège » et les diatribes des têtes de liste en faveur de la protection ? Rien d’autre que le parti majoritaire se moque de ses électeurs et des Français. Comment peuvent-ils parler en faveur de la protection alors qu’ils ont agi en faveur du libre-échange ? L’Europe qu’ils ont construite n’a été qu’un marche-pied de la mondialisation sauvage, avec le résultat que l’on connaît, la crise. Et aujourd’hui, alors que se profile une échéance décisive pour l’avenir de l’Europe, Libertas vous offre la possibilité de renouer avec l’esprit du traité de Rome, de construire une Europe protectrice de nos emplois et de nos traditions. Le 7 juin, il s’agira de choisir entre une Europe mondialiste et libre-échangiste, ou une Europe protectrice et respectueuse des peuples.
Il n’y pas d’autres enjeux.

Le 7 juin, il faut donner sa voix à la cohérence.
Le 7 juin il faut donner sa voix à l’efficacité.
Le 7 juin, c’est à vous de choisir!

Libertas avec les agriculteurs

Article paru dans la revue des Jeunes Agriculteurs, mai 2009.

La question agricole est un élément clé en Europe et un élément clé de cette campagne européenne, au regard notamment de l’importance de la PAC. C’est également un des piliers de notre campagne. Il faut être vigilant face à cette réforme. Elle ne doit pas se faire au détriment des agriculteurs français. L’agriculture européenne doit être défendue à l’OMC. Nous ne pouvons accepter qu’on la brade contre des Boeing. L’agriculture ne doit pas être une arme politique que l’on joue les uns contre les autres. La cerise sur le gâteau serait de sortir l’agriculture de l’OMC. Il faut assurer la préférence communautaire et mettre fin à cette démarche mondialiste en matière d’agriculture. Nous devons soutenir notre production agricole européenne et la défendre. Pour cela, les agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur production de leurs prix et non des aides. Il est nécessaire d’offrir une meilleure sécurité économique à nos agriculteurs. L’Europe doit arrêter de réaliser des plans quinquennaux, prendre en compte les fluctuations du marché, et être réactive. Jouons sur les quotas ; leur définition et leur maîtrise pour booster une remontée des prix et non jouer la carte de la mondialisation qui fait chuter les prix et tue nos agriculteurs qui ne peuvent pas continuer de vendre à perte. L’Europe doit raisonner « agriculteurs » et pas seulement « production agricole » et ne doit pas oublier que les agriculteurs sont des acteurs économiques et sociaux du monde rural. L’Europe doit également soutenir la diversification, le développement des activités économiques agricoles, notamment par les jeunes en mettant en œuvre une politique ambitieuse. Elle le pourrait grâce aux crédits de développement rural, car l’agriculture est une activité économique à part entière, qui contribue à fixer des populations et d’autres activités sur les territoires tout en y assurant le développement économique. En France, nous devons nous atteler aux problèmes des grandes centrales d’achat et de la grande distribution. Pour les consommateurs, manger des fruits et légumes est devenu un luxe, alors que les producteurs vendent quasiment à perte. Il en est de même pour les éleveurs laitiers entre autres. Il faut que certains intermédiaires cessent de se sucrer sur le dos des producteurs et des consommateurs ! »

lundi 11 mai 2009

Petite leçon de démocratie

Regarder cette magnifique vidéo qui nous ouvre les yeux sur l'Europe .
Je retiendrais surtout que Cohn Bendit a traité de débiles mentaux les opposants au TCE!

Villiers et Ganley rassemblent leur Europe contre Bruxelles

« Nous souhaitons revenir à l’esprit du traité de Rome signé en 1957 »
Declan Ganley confirme « Nous sommes d’accord sur tout. Même si nos adversaires prétendent le contraire. Le meilleur exemple est celui de l’adhésion de la Turquie à l’UE. On a voulu faire croire que j’y étais favorable alors que Philippe y est opposé. Or, personnellement je ne pense pas que cette adhésion soit une bonne idée et, de toute façon, est une question qui doit être soumise à référendum
dans chacun des pays membres ». Quoi qu’il en soit, fédérer au sein d’une mouvance paneuropéenne des personnalités ou des organisations venues d’horizons dissemblables et exaltant leurs spécificités n’est pas un exercice de tout repos. Curieusement, c’est à l’Australien Lynton Crosby (qui a coordonné plusieurs campagnes électorales en Australie et en Angleterre, dont celle - victorieuse – du nouveau maire de Londres) qu’échoit cette tâche « Nous avons affaire à des pays linguistiquement et culturellement distinct , reconnaît-il. Dans certains cas, comme la France, il existait des mouvements structures, dans d autres, comme en Europe de l’Est, il a fallu les créer. Et on ne veut pas unifier de manière autoritaire et centralisée puisque c’est exactement ce que Libertas reproche à la Commission européenne ». D’où ce meeting romain, qui se veut fondateur et novateur. Pourquoi Rome ? « Primo, parce que c’est le berceau de la civilisation européenne, explique Philippe de Villiers ; secundo, parce que nous souhaitons revenir à l’esprit du traité de Rome signé en 1957, c’est-à-dire à une coopération entre Etats qui n’a rien à voir avec l’intégration actuelle. Cela prouve d’ailleurs que nous ne sommes pas europhobes. » Côté mise en scène, rien n’est laissé au hasard. Sur l’estrade, la Néerlandaise Eline Van den Broek, 28 ans, économiste et universitaire surdiplômée, fait applaudir chaque délégation nationale par une assistance surchauffée (où la jeunesse se taille la part belle). Puis les orateurs se succèdent : Villiers, Nihous, Ganley, les anciens Premiers ministres letton et slovaque, Guntars Krasts et Jan Carnogursky, l’Italien Teodoro Buontempo, l’Espagnol Miguel Duran et le Grec Emmanuil Kalligiannis. Chacun, dans son style et sa langue, répète et martèle le credo de Libertas. Une plate-forme commune qui entend définir une fois pour toutes un périmètre européen. Autrement dit, en exclure la Turquie, qui « ne fait ni géographiquement ni historiquement partie de l’Europe ».

« La Commission européenne ne respecte pas la voix des peuples »
Libertas entend également s’opposer au traité de Lisbonne, lequel « transfère plus de cinquante compétences nationales à la Commission européenne, clique non élue qui ne respecte pas la voix des peuples ». Enfin, établir la préférence communautaire en matière économique, « telle qu’elle était prévue dans le traité de Rome, avec l’union douanière ». Ce qui revient à taxer les produits hors- Union européenne afin de protéger les emplois et les industries sur le continent. Clou du spectacle, l’apparition surprise d’un très médiatique parrain : Lech Walesa. Invité par Ganley, qui le décrit comme son « héros personnel et le symbole de la liberté », l’ex-leader de Solidarnosc déplore au micro l’abandon des chantiers navals de Gdansk par Bruxelles et en appelle au sursaut des peuples. Succès garanti malgré quelques lazzis de compatriotes polonais, vite étouffés par des ovations enthousiastes. Incident qui ne douchera pas le patron de Libertas, lequel espère bien former un groupe de poids au Parlement européen, capable de mettre fin à la « cogestion politique de cette assemblée » par les deux groupes majoritaires : le Parti populaire européen (PPE, droite) et le PSE (Parti socialiste européen, gauche). « Leurs jours sont comptes », promet-il à ses troupes en guise de conclusion. Reste à savoir si les Européens ont tous le tempérament irlandais.

samedi 9 mai 2009

Manifeste pour les élections européennes : en nous empêchant de parler, on vous empêche de penser

Si les choses suivent leur cours, la campagne des Européennes 2009 restera, à n’en pas douter, totalement unique dans les annales de la démocratie française.

- Unique, d’abord, par l’aplomb méprisant du parti au pouvoir, qui concentre jusqu’à l’absurde toutes les manettes de la machine médiatique, faisant régner la peur dans les coursives des rédactions, et qui, par la menace, les faveurs et la cooptation intellectuelle, s’emploie à marginaliser tout discours vrai sur son bilan (maigre) et sa stratégie au service des peuples (inexistante). Libertas, qui incarne un recours vrai, est inaudible, marginalisé, stigmatisé. Sur ordre. Le sarkozysme a une face sombre, incarnée par cette multitude de porte-voix et porte-coton subventionnés, omniprésents du matin au soir sur tous les canaux, sur toutes les ondes, et qui réduisent les médias dans lesquels ils officient au rang de vulgaires mégaphones siglés UMP. Ce rôle assumé de chiens de garde du discours officiel, est-ce digne d’une démocratie mature ? Le peuple doit-il le supporter sans réagir ?- Unique, ensuite, par la nocivité des non-programmes que distillent –entre deux cocktails élitistes - les people dilettantes censés incarner l’offre européenne des formations « traditionnelles » (celle des rentiers et cumulards du système). Tous, sans exception, nous vendent, vous vendent le logiciel de la « mondialisation heureuse », plus ou moins camouflé sous les oripeaux d’un volontarisme opportuniste auquel aucun, sans exception, ne croit. Tandis que le Titanic du fédéralisme, fracassé contre l’iceberg du libre-échange dogmatique, achève de couler, l’orchestre des « intelligents » continue de jouer la valse lancinante des vieilles habitudes et des lâches compromis ; - Unique, enfin, par le mépris que ces « intelligents » autoproclamés réservent au peuple, ce ramassis d’attardés forcément aveugles, qui ne saisissent pas les impératifs d’une politique bruxelloise « globale » à laquelle, au nom du Progrès, il ne faudrait surtout rien changer. Ils nous méprisaient au moment du référendum sur la Constitution en 2005 ; ils nous méprisent encore aujourd’hui. Les peuples qui réfléchissent sont dangereux. Ceux qui tiennent un discours vrai favorisant cette prise de conscience objective doivent être baillonnés. Libertas doit se taire. Grâce à l’étouffoir médiatique, à l’aide de consignes strictes, la stratégie est en passe de réussir.

Les électeurs, même ceux éloignés de nos idées, mais qui tiennent à un débat pluraliste, peuvent-ils accepter ce déni de démocratie ? Peuvent-ils accepter que leur intelligence, que leur aptitude à décrypter un argumentaire alternatif soit ainsi niées ? Les sondages prévoient une abstention record : le résultat logique du non-débat qui règne. Alors que la nouvelle culture politique, celle du spectacle et de la superficialité promue par l’Über-Parti pour un Marché Prépondérant (UMP), menace d’emporter dans sa médiocrité les derniers lambeaux d’information démocratique, comment faire pour que les citoyens reprennent l’initiative ? Il faut un sursaut. Une prise de conscience nationale. Une insurrection de la pensée pour redonner à la politique sa noblesse : celle du débat contradictoire, argument contre argument. Cela passe par un temps de parole plus équitable, un accès de tous les projets aux grands quotidiens nationaux, aux journaux du soir des grandes chaînes. Chacun peut constater ce qu’il en est : à ce point, l’inéquité médiatique confine à la caricature pathétique. En poignardant ce pluralisme, l’Etat-média actuel insulte en permanence à la dignité du peuple, considéré comme un gibier captif que l’on mène à l’isoloir à la baguette.

Pour secouer ce joug médiatique, pour revivifier la démocratie et le débat, AIDEZ-NOUS, protestez, battez-vous, de quelque bord que vous soyez. Nous pouvons être d’accord. Nous pouvons ne pas l’être. Mais en nous empêchant de parler, on vous empêche de penser.

http://www.libertas2009.fr/participer/petitions/manifeste-pour-les-elections-europeennes-en-nous-empechant-de-parler-on-vous-empeche-de-penser

Benoit XVI au moyen orient

Vendredi, le roi Abdallah de Jordanie a accueilli le Souverain Pontife à son arrivée à l'aéroport d'Amman. (AP Photo/Nasser Nasser)
Vendredi, le roi Abdallah de Jordanie a accueilli le Souverain Pontife à son arrivée à l'aéroport d'Amman. (AP Photo/Nasser Nasser) Crédits photo : AP

Le Pape a commencé, vendredi en Jordanie, son pèlerinage en Terre sainte. Il a redit son «profond respect pour la communauté musulmane».

L'antichoc des civilisations. De sa petite voix, vendredi en Jordanie, Benoît XVI a voulu combattre l'idée de la fatalité du conflit entre le monde musulman et l'Occident. Trois ans après la crise de Ratisbonne où une phrase de son discours sur la «violence» de l'islam avait mis le feu aux poudres, le Pape est allé droit au but : «Ma visite en Jordanie me donne l'heureuse occasion de dire mon profond respect pour la communauté musulmane.»

Et de féliciter publiquement ce pays pour son «rôle déterminant» dans «la promotion d'une meilleure compréhension des vertus proclamées par l'islam». Le Pape a précisé : «Nous pouvons dire que ces précieuses initiatives ont obtenu de bons résultats en favorisant la promotion d'une alliance des civilisations entre l'Occident et le monde musulman mettant en échec les prédications de ceux qui considèrent inévitables la violence et les conflits.»

Une simplicité désarmante

Alliance et non pas choc. Le ton de son douzième voyage hors d'Italie semble donné. Samedi matin, le Pape doit quitter la capitale, Amman, pour se rendre à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest, sur le mont Nebo. De cette vue panoramique - 800 mètres d'altitude - où la tradition assure que Moïse y conduit son peuple pour lui montrer la Terre promise, Benoît XVI va découvrir cette Terre sainte qu'il est venu visiter. En commençant, comme Paul VI le fit en 1964, par la Jordanie, où il est jusqu'à lundi matin, et en continuant par Israël - dont une incursion, mercredi 13 mai, à Bethléem, sous l'Autorité palestinienne - avant le retour à Rome vendredi soir. Le Pape doit aussi bénir aujourd'hui la première pierre d'une université catholique. Un geste qui apparaît banal mais qui ne l'est pas.

Vendredi, en effet, dans l'avion qui le conduisait de Rome à Amman, Benoît XVI en a expliqué toute la portée devant la presse. L'Église, a-t-il dit, «cherche à contribuer à la paix» non comme «un pouvoir politique» mais en tant que «force spirituelle». Une force qui peut amener à un «progrès dans le processus de paix» si elle repose sur ses trois piliers : «la prière qui est une vraie force» car «Dieu écoute et peut agir dans l'histoire», la «formation des consciences» et le dialogue «avec la raison». D'où l'enjeu, capital à ses yeux, d'investir dans l'intelligence : «Nous sommes en train, a-t-il expliqué, de créer une université catholique en Jordanie. Cela va ouvrir une vaste perspective pour les jeunes, qu'ils soient Arabes chrétiens ou Arabes musulmans.»

La paix est le mot qui est revenu le plus souvent dans la bouche de Benoît XVI en ce premier jour de pèlerinage. Avec, il faut le dire, une simplicité désarmante qui semble faire sa force. Ainsi en rencontrant, vendredi après-midi, un centre d'accueil pour personnes handicapées, il les a appelées à prier pour lui : «Veuillez, s'il vous plaît, prier pour moi chaque jour de mon pèlerinage ; pour mon renouvellement spirituel personnel dans le Seigneur et pour la conversion des cœurs sur le chemin de pardon.» Et il a eu cette formule : «Prier, c'est espérer en action.» Une formule choc, pour le coup. Elle pourrait même décrire la situation de la Terre sainte où beaucoup prient mais en espérant - selon leur religion - des actions diamétralement opposées ! Or «la paix durable», a expliqué le Pape, «naît de la justice, de l'intégrité et de la compassion» et surgit «de l'humilité, du pardon, et du désir profond de vivre en harmonie les uns avec les autres».

D'où l'importance, et c'est l'autre axe de ce premier jour de voyage, du dialogue entre religions et de la liberté religieuse. Le Pape a d'ailleurs félicité sur ce point la Jordanie, pays à 98 % musulman. «La possibilité qu'a la communauté catholique jordanienne de construire des édifices publics de culte est un signe du respect de votre pays pour la religion, et en son nom, je veux dire combien cette ouverture est appréciée.» Tout en lançant un appel au cœur de ce Moyen-Orient : «La liberté religieuse est, naturellement, un droit humain fondamental.»

Dans l'avion, en revanche, il avait insisté comme rarement sur «l'importance pour la paix» d'un «dialogue trilatéral» entre les trois religions, juive, chrétienne et musulmane. «Malgré la diversité, a justifié Benoît XVI, nous avons des racines communes» qui conduisent à «la foi dans le Dieu unique»

Schizophrénie élyséenne

Dans son discours de Nimes, Nicolas Sarkozy ratifie l'analyse de Philippe de Villiers sur l’état de l’Europe. Il dénonce tous les méfaits de l’Europe actuelle : Europe molle, sans volonté politique, qui a trahi le volontarisme des Pères fondateurs ; Europe qui a été un acteur majeur de la mondialisation sauvage ; Europe qui mène des politiques contraires aux intérêts européens : politique folle de la concurrence, absence de politique industrielle, politique agricole sans ambition … Là, Sarkozy fait du Villiers. Il nous rejoint sur le diagnostic : «il faut changer d’Europe», leitmotiv du discours de Nîmes. Toutefois, si le diagnostic est juste, les remèdes proposés (Lisbonne et le G20) sont aberrants. Le moment est venu d'oser l'Europe à géométrie variable.



Schizophrénie élyséenne

par Dominique Souchet*


I - Le diagnostic est juste mais les remèdes proposés (Lisbonne et le G20) sont aberrants.

1 – le Traité de Lisbonne.

Sarkozy énonce deux contrevérités :

-le Traité permettra de changer d’Europe ;

- le Traité est profondément différent de la Constitution rejetée par les Français.

Le Traité de Lisbonne amplifie, renforce et aggrave les défauts de l’Europe actuelle et les défauts du projet de Constitution au lieu de les corriger.

Le Traité de Lisbonne rédigé avant la crise est totalement caduc. Il est dépassé et décalé par rapport aux besoins de l’Europe actuelle, frappée par une crise d’une ampleur sans précédent. Le Traité de Lisbonne se réfère à un autre monde que notre monde d’aujourd’hui.

Il s’inscrit dans la logique de la dérégulation généralisée, qui est celle des traités européens antérieurs, dérégulation qui est précisément à l’origine de la crise. Lisbonne préconise de continuer résolument dans la même voie que celle qui a mené à la crise, celle d’une Europe désarmée, ouverte aux prédateurs du monde entier.

2 – Le G 20

Sarkozy vante le G20 et se vante d’être à l’origine de la réunion de Londres.

Or, au G20, l’Europe a été totalement marginalisée et elle s’est divisée sur la régulation financière.

Deux décisions majeures du G20 sont totalement contraires à ce dont l’Europe a besoin :

- la nécessité de conclure le processus de Doha dans le cadre de l’OMC, avec un Lamy, prophète du libre-échangisme le plus débridé, renouvelé dans ses fonctions : c'est-à-dire poursuivre et accroître la dérégulation en anéantissant nos dernières protections douanières, accélérer en conséquence le processus des délocalisations et remettre ainsi en selle les profiteurs de la mondialisation sans règles qui nous ont plongé dans la crise.

- la chasse au protectionnisme, alors qu’il est vital, pour que l’Europe conserve des activités productrices, un tissu industriel, une agriculture forte, et donc une indépendance alimentaire, qu’elle mette en place le plus rapidement possible un système souple de rééquilibrage de la concurrence inéquitable et destructrice des pays à bas salaires et dénués de protection sociale, sous forme de prélèvements compensatoires aux frontières (appelés à disparaître lorsque les niveaux de salaire et de protection sociale seront devenus comparables).

Sarkozy prétend vouloir l’indépendance alimentaire européenne et la préférence communautaire. Or, les deux voies qu’il préconise, Lisbonne et le G20 interdisent précisément l’une et l’autre.

II– Alors que la présidence française de l’UE est présentée comme l’illustration de l’Europe désirable, son bilan réel est ambigu et l’on n’en tire pas les bonnes lecons.

1 – Le comportement de la France lors de la Présidence de l’UE a été aux antipodes des objectifs prétendument recherchés dans un certain nombre de domaines essentiels.

- La Turquie : ouverture de nouveaux chapitres de la négociation d’adhésion et suppression du référendum national à la demande d’Erdogan.

- L’Union pour la Méditerranée : le projet français a été vidé de sa substance dès lors que Paris a accepté que sa mise en œuvre soit confiée à la Commission et que l’Allemagne soit considérée comme un grand pays méditerranéen. Il n’est plus qu’une coquille vide.

- Une politique agricole ambitieuse : c’est sous présidence française, qu’ont été démantelés un certain nombre d’instruments essentiels de la PAC, comme l’aide au stockage privé et les quotas laitiers garantissant des prix décents à nos producteurs en évitant les surplus.

- Une politique de la pêche favorable à nos pêcheurs artisanaux : Sarkozy avait imprudemment annoncé qu’il remettrait en cause le lourd système des quotas annuels. Barnier s’était engagé à associer les professionnels à l’évaluation scientifique des stocks. Or, c’est sous présidence française qu’ont été fixés des quotas particulièrement défavorables pour nos pêcheurs. Et rien n’a avancé sur la co-gestion professionnels – scientifiques pour l’évaluation de la ressource.

2 – Les succès obtenus l’ont été en s’opposant frontalement aux mécanismes européens que le traité de Lisbonne prévoit de renforcer.

- Le cessez-le-feu Russie-Géorgie : c’est le résultat d’une action diplomatique purement nationale rapidement engagée, court-circuitant totalement les lourds mécanismes européens de la PESC, ceux-là même que Lisbonne prévoit de renforcer, notamment en créant un service diplomatique européen.

- Le lancement du plan de sauvetage du système bancaire n’a été possible qu’à certaines conditions :

>en élaborant rapidement des plans nationaux bien adaptés à chaque économie, puis en mettant en place une coordination entre les principaux États européens concernés ;

>en associant étroitement à cette coordination la Grande Bretagne, qui ne veut pas de l’euro ;

>en violant la règle absurde de l’indépendance totale de la Banque Centrale Européenne ;

>en réduisant au silence les commissaires et en ignorant la manière dogmatique dont ils appliquent les règles relatives à la concurrence et aux aides d’État.

III – Que faut-il faire ?

Il faut oser la révolution de la géométrie variable, c’est-à-dire :

> dans chaque domaine, faire avec ceux qui veulent ;

> sortir de la logique de la recherche permanente du consensus à tout prix, qui ne peut déboucher que sur l’impuissance ;

> supprimer le monopole d’initiative des commissaires (que Lisbonne confirme et renforce) ;

> élaborer un nouveau traité européen qui prendra l’exact contre-pied du traité de Lisbonne, afin de défendre les intérêts de l’Europe au lieu de défendre, comme le fait Lisbonne, les intérêts de la mondialisation et des profiteurs de la mondialisation sauvage.

Dominique Souchet est député (Vendée) à l'Assemblée nationale


Harvard donne raison au pape

Est-ce le pape qui "commence à poser un vrai problème", ou les hommes politiques français ? On sait bien que les hommes politiques sont des hommes comme les autres au service de la nation. On sait aussi qu'ils ne savent pas écrire une loi. Désormais on sait qu'ils ne connaissent pas la loi.

Le Pape est le chef d'Etat du Vatican. Il est berger de l'Eglise Catholique. Il professe sa foi sans tenir compte du politiquement correct. Il est intéressant d'observer les réactions suscitées par les propos du Pape


Depuis la loi du 9 décembre 1905 les églises et l'Etat sont séparés. Permettez-moi un bref rappel des premiers articles de cette loi :

Article 1er : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes [...]".

Article 2 : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte [...]"

En 1905, la France savait encore rédiger de vraies lois. Elles étaient claires, comme celle-ci. Et des études de droit ne sont pas nécessaires pour conclure que l'Etat se doit d'être neutre religieusement. Certes, M. Juppé n'est plus ministre. Mais il est maire et en cela il est agent de l'Etat à Bordeaux. Il doit donc assurer strictement la loi et se tenir à la neutralité à laquelle il est astreint.

Les hommes politiques sont démagogues, on le sait. Le propre de la démagogie est de ne pas dire la vérité, de séduire un électorat. On comprend donc que pour mettre toutes les chances de son côté aux prochaines élections municipales M. Juppé joue le jeu du mensonge. Dommage, il se discrédite auprès de l'électorat dont il dit qu'il est issu, c'est-à-dire l'électorat catholique.

Mais, M. Juppé, êtes-vous catholique ? Si c'est le cas, je vous propose de prendre le temps de chercher dans un dictionnaire la signification du mot "excommunication". Peut être nous ferez-vous la joie de partager cette découverte avec l'audience du prochain média que vous côtoierez.

M. Juppé, êtes-vous scientifique ? Je vois que vous avez été à l'ENS, à Science-po, à l'ENA. Mais il n'y aucune mention d'études scientifiques. Je me permets cette remarque parce que vous déclarez que "dire en Afrique que le préservatif aggrave le danger du Sida, c'est d'abord une contre-vérité et c'est inacceptable pour les populations africaines et pour tout le monde". J'en déduis que vous avez fait des recherches approfondies sur la question et qu'à l'appui de vos propos vous avez des chiffres à nous donner.

C'est étrange parce que les propos du Pape sont corroborés par Edward C. Green, directeur du Projet de recherche sur la prévention du Sida à l'université de Harvard. Il déclare : "Le Pape a raison. Ou pour répondre plus précisément : les meilleures données dont nous disposons confirment les propos du Pape. Il existe une relation systématique, mise en évidence par nos meilleures enquêtes, y compris celles menées par l'organisme "Demographic Health Surveys" financé par les Etats-Unis, entre l'accès facilité aux préservatifs et leur usage plus fréquent et des taux d'infection par le virus du Sida plus élevés, et non plus faibles".

Je sais bien que votre tradition gaulliste vous empêche d'accepter que des américains puissent avoir raison. Mais il s'agit d'Harvard. Et ils ont des chiffres, eux.

Vous avez la liberté de parole, M. Juppé. Vous avez le droit de dire ce que vous pensez. Mais quand vous êtes en privé. Dois-je vous rappeler que votre parole de maire engage celle de l'Etat dont vous êtes l'agent ? Vous avez donc violé la loi de séparation des Eglises et de l'Etat du 9 décembre 1905, et qui plus est, en disant des imbécilités. Est-ce au nom du contribuable que vous parlez ? Il a bon dos.

La séparation des Eglises et de l'Etat existe-t-elle toujours ? La question a un sens aujourd'hui, à l'heure ou les hommes politiques donnent leur avis quant à la politique de l'Eglise. Et quelque soit sa réponse, il faudra en tirer les conséquences.

Profanation

Cbp "Une série de dégradations ont été commises au cimetière Peyra à Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence) la semaine dernière. Onze tombes ont été profanées. Les faits n’ont été révélés que jeudi soir à l’occasion du forum sur la sécurité et les libertés organisé par la préfecture dans la vallée de l’Ubaye.

Les premières dégradations ont été découvertes le 16 avril par des employés communaux, qui ont étrangement « oublié » de prévenir les gendarmes. Résultat, les profanations ont continué les nuits suivantes. La gendarmerie n’est intervenue que lundi dernier. « Quatre jours après les premiers faits, le relevé d’indices est très difficile. Le travail de police scientifique devient impossible » regrette le capitaine Crolle, chef de la compagnie de gendarmerie de Barcelonnette.

Quant à Mohamed Saadallah, directeur de cabinet du préfet des Alpes-de-Haute-Provence, il a quand même précisé dans cette ambiance d’indifférence générale : « Ce sont des faits graves »… La profanation du cimetière de Barcelonnette ne fera pas la Une du 20 heures de TF1. Normal, on avait « oublié » de vous préciser que c’était un cimetière chrétien…"

Tout est dit (sauf par les autorités si promptes à s'émouvoir...) mais on remarquera quand même la signature satanique de cette profanation.

Luc Ferry

Lu dans Minute à paraître demain, rubrique "La télé les rend fous" :

"Samedi 4 avril, «Salut les Terriens», Canal +

F Le professeur de philosophie et ancien ministre de l’Education nationale Luc Ferry tente d’expliquer à Thierry Ardisson pourquoi les premiers chrétiens ont impressionné leurs persécuteurs: «Les chrétiens frappent par quelque chose qui va sidérer les Romains, ceux qui les ont martyrisés. C’était le fait que ces gens sont prêts à mourir pour leur foi.» Incorrigible, l’homme en noir fait son malin: «C’est comme les kamikazes de Ben Laden aujourd’hui.» «La grande différence, c’est que ces chrétiens, ils ne vont pas mourir pour tuer un maximum de gens mais au contraire pour sauver les autres.» «Oui, c’est une différence.» Légère…

Dans la même émission, Luc Ferry s'en prend également à Stéphane Guillon, qui a mis un préservatif sur un buste de Benoît XVI :

"Il faut quand même rappeler que s’il faisait ça sur Mahomet, il serait menacé de mort. La religion catholique est la seule religion que l’on peut tourner en dérision sans rien risquer du tout. Ça me gêne qu’on profite de la relative faiblesse de l’Eglise pour la dégommer alors que si c’était les juifs ou les musulmans, on n’en ferait pas le millième. Il est juste de dire qu’il y a deux poids et deux mesures."

Incendie probablement volontaire d'une église

Les flammes ont notamment détruit un rétable et un confessionnal. Le parquet de Clermont-Ferrand parle d'un incendie "manifestement d'origine volontaire".
En avance sur l'information, nous ne manquerons pas de vous faire part des cris d'orfraie et de l'indignation générale de tous nos élus, des responsables politiques et autres représentants des associations citoyennes pour l'égalité des chances, etc.

La description de l'église ici :

"L'église Saint Joseph construite entre en 1883 et 1897 sous l'impulsion de monseigneur Joseph Boyer par les architectes et Mitton, ce dernier pour la façade. Le style imite les églises romanes auvergnates. Elle comporte, entre autres, des vitraux datant de la première moitié du XX siècle et une Adorations des mages du sculpteur Émile Gourgouillon visible au-dessus du portail d'entrée. Mais aussi un magnifique orgue qui attend depuis des années des financements pour être restauré".

Lahire

Addendum chronologique à 20h35 :

L'incendie s'est déclaré cet après-midi.
A 18h21, l'AFP pond sa première dépêche reprise immédiatement par votre blog préféré.
Un entrefilet de l'AFP encore plus court paraît à la même heure sur le site de France Info,
A 18h43 même entrefilet sur le Nouvel Obs,
A 18h59 même entrefilet sur le Figaro...
Comme à son habitude, Chrétienté Info diffuse sans nous citer nos posts, dont celui-ci.
silence complet ailleurs.
Quant à nos responsables politiques et religieux...

PARTIE 2

Les faits sont plus graves que ceux relatés dans la dépêche AFP et l'entrefilet que quelques médias ont copié et collé.
Esj Reprenant une dépêche de l'Associated Press, Yahoo va jusqu'à titrer : "Une église de Clermont-Ferrand incendiée" et ajoute :

"L'église Saint-Joseph, située dans le quartier de la gare de Clermont-Ferrand, a été en partie détruite par un incendie a priori d'origine criminelle samedi après-midi, a-t-on appris en soirée auprès du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Puy-de-Dôme. L'incendie, qui a débuté à 11h55, a mobilisé 42 sapeurs-pompiers et 26 véhicules. Il n'a pu être maîtrisé avant 17h00".

On y apprend aussi que

"Philippe Kloeckner, le curé de la paroisse, a expliqué samedi soir à l'Associated Press qu'il avait signalé à la police vendredi une première tentative d'incendie dans l'une des chapelles de l'église".

Le site Clermont ma ville précise que le feu a été mis dans la chapelle du Saint Sacrement de l'église rénovée il y a 6 mois.
Le journal La montagne (photo) en fait sa une aujourd'hui et promet plus d'informations demain.

Ce sont les trois sites, en plus de ceux précités, qui évoquent cet acte infâme. En plus du Forum Catholique, plusieurs blogs l'ont aussi annoncé : e-deo, Christ-Roi, Nephtar et Nephtali, et sûrement d'autres que je n'ai pas vus. Mais la presse officielle et les édiles de la République sont aux abonnés absents et silencieux.

Lahire

Addendum : Scan de l'article de la Montagne du dimanche 29 où l'on apprend qu'une statue de la Vierge a été brisée

"Suite à l’incendie criminel de l’église Saint Joseph à Clermont-Ferrand, la fédération du MPF du puy-de-Dôme ( Mouvement pour la France de Philippe de Villiers) condamne avec la plus grande fermeté cet acte odieux et demande aux services de police et à la Justice de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour que leurs auteurs soient interpellés et sévèrement sanctionnés".

jeudi 7 mai 2009

Quand le candidat UMP(S) tête de liste du Grand Est nous explique l'utilité de l'Europe .

J'ai regardé attentivement différentes vidéos de campagnes dont une qui a retenu mon attention je vous en livre ici les grandes lignes ;
"Il faut rappeler ,tout les jours tout les jours, il faut rappeler que l'Europe au quotidien ça existe pour les différentes personnes que ça soit au niveau des différentes réglementations ,de ceux qui les protègent, que ça soit les gaz d'échappement des moteurs ,que ça soit la lumière quand ils allument une lampe et ça ils le vivent au quotidien mais ils ne savent pas que c'est l'Europe qui leurs apportent ce bonheur. "
Merci déesse Europe ,déesse de la Lumière ,de nous apporter bonheur et prospérité ,sans vous O déesse nous sombrerions dans l'obscurité et la dépression. Vous remarquez aussi la récurrence du "ils" pour bien montrer sa proximité avec les citoyens .Cela n'est pas le plus choquant ;
"Ils ont peurs de la crise (les citoyens),ils ont certaines craintes de perdre les emplois et,et je crois que c'est tout a fait légitime ,mais toujours ,je dirais ,très correctement ."
La phrase d'une part ne veut rien dire ,mais je suis content que les UMP trouvent légitimes les craintes des français de perdre leurs emplois.
"Et c'est vrai que c'est très pénalisant ,et je suis toujours très touché quand je tombe sur une famille qui est au chômage, parce que le chômage même si il est indemnisé psychologiquement pour une famille c'est très mauvais. "
Je trouve horripilant que le président du parti majoritaire en Europe le PPE-DE dont fait parti l'UMP trouve seulement psychologiquement difficile la perte d'un emploi .Pour moi c'est un scandale .

Le gouvernement est plus dur avec le personnel pénitentiaire qu’avec l’extrême gauche

Philippe de Villiers et Frédéric Nihous constatent que le gouvernement est plus dur avec le personnel pénitentiaire qu’avec les activistes trotskystes qui prennent en otage depuis plus de 3 mois les étudiants français.

Au personnel pénitentiaire, il envoie les CRS, à l’extrême gauche des messages laxistes.

Philippe de Villiers et Frédéric Nihous demandent l’inverse : Ils exigent le déblocage immédiat des facultés et l’ouverture d’un véritable dialogue avec le personnel pénitentiaire confronté à des conditions de travail de plus en plus difficiles face à l’augmentation de la délinquance et des violences.

mercredi 6 mai 2009

Comment relancer l’économie ?

La réunion du G 20 a décidé d’utiles orientations de régulation financière, mais elle n’a rien dit de la crise fondamentale, celle des relations économiques internationales, qui mine la stabilité des pays, développés ou non. Sans solution à cette crise, les autres mesures resteront inefficaces, ou d’effet provisoire. Si l’on veut vraiment progresser, il faut lever le malentendu sur le libre échange, que les profiteurs de la mondialisation sauvage ont réussi à détourner de son sens pour mieux pérenniser leurs lucratives affaires au détriment des peuples (I). Nous devons remettre l’économie au service de l’homme, et les droits compensateurs aux frontières en sont un des moyens (II). Mais il faudra lever une hypothèque : on ne sortira pas de la crise si l’on n’abandonne pas la politique européenne actuelle d’ouverture à tout prix et de libre échangisme ; pour cela il faut replacer l’Union européenne sous le contrôle de ses peuples (III).



Comment relancer l’économie ?

par Georges Berthu

La réunion du G20 à Londres, le 2 avril dernier, a permis la concertation des responsables des plus grandes économies du monde et a dégagé des orientations communes pour une meilleure surveillance de la stabilité financière mondiale. C’est excellent. Est-ce pour autant la fin de la crise, maintenant ou dans un proche avenir ? Non.

La régulation financière mondiale, pour souhaitable qu’elle soit, ne pourrait nous faire retrouver le chemin de la croissance, à elle seule, que si les désordres de la finance résumaient la crise. Or ce n’est pas le cas.

Nous avons déjà eu l’occasion de l’expliquer [1] : les risques et les excès de la finance ont joué le rôle de déclencheur. Ils contribuent à expliquer la violence et la rapidité de propagation de la crise, mais ils n’en constituent pas la cause profonde. Cette cause se trouve dans les déséquilibres de l’économie mondialisée : hémorragie d’industries et de services dans les pays développés, déflation salariale, inégalités croissantes qui, de toute façon, devaient conduire un jour ou l’autre à l’explosion.

La relance inefficace

Mais le G 20 a aussi beaucoup parlé de relance budgétaire. Evidemment, on peut avoir cette idée quand on constate que le chômage et la stagnation des salaires réels compromettent la consommation et la croissance. Pourquoi ne pas injecter des crédits publics pour relancer la machine ?

Malheureusement, c’est ce que les gouvernements des pays développés font depuis des années : ils s’endettent, et ils incitent les particuliers à s’endetter. Cela ne sert pas à grand-chose. Ils versent en effet des liquidités (le mot est approprié) dans un tonneau percé, car la relance induite est aussitôt largement exportée vers les pays à bas salaires qui nous envoient leurs produits.

Le différentiel des salaires de par le monde est trop fort. Il exerce chez nous une pression à la baisse trop puissante. Nul ne peut y résister, même en réduisant nos secteurs publics au plus maigre, même en déployant des trésors d’innovations (d’ailleurs aussitôt pillées par nos concurrents). On ne retrouvera un véritable équilibre, avec des conditions de concurrence équitables, que le jour où les Chinois et les populations des autres pays émergents seront parvenus à des niveaux de consommation et de salaires tels qu’ils ne puissent plus exercer sur nous de concurrence destructrice.

Ce n’est pas pour demain, même si la Chine met aujourd’hui en œuvre son propre plan de relance budgétaire. Il faudrait une véritable ouverture démocratique et des réformes structurelles, mise place d’un système de retraites et d’une protection sociale par exemple. Mais en admettant qu’elles puissent voir le jour rapidement, ces réformes ne produiraient leurs fruits que lentement.

En attendant, nous avons cent fois le temps d’être morts. Les pays développés vont s’endetter encore davantage pour une relance illusoire, le petit effet positif retombera dès que les fonds publics se retireront, et nous risquons de nous retrouver demain dans une situation pire qu’avant. Ce serait la rechute, le « double dip », la courbe en « W » ou pire la courbe en « L » que craignent tant les économistes et qui pourrait ruiner des États, au premier rang desquels les États-Unis.

Comment gérer cette situation, cette disproportion des normes et des coûts de production de par le monde ? Il faudrait d’abord comprendre que cette confrontation inégale a été froidement décidée par toute une politique d’ouverture à la mondialisation sauvage, menée depuis l’Uruguay Round au nom (usurpé) du libéralisme, en réalité sous l’influence de firmes qui n’avaient pour but que d’encaisser les profits les plus immédiats et les plus énormes en jouant sur les différences de salaires.

Les gouvernements sont encore loin d’une telle autocritique. Pour le moment, ils font même l’inverse : le G 20 a une fois de plus déclaré la guerre au prétendu « protectionnisme », réaffirmant « l’absolue nécessité » d’une conclusion rapide des négociations commerciales de Doha, qui sont un nouveau prolongement du désastreux Uruguay Round. Ces accords, déclare le communiqué final, permettraient d’insuffler dans l’économie mondiale « au moins 150 milliards de dollars par an ». Chiffre calculé par qui ? Comment ? Vérifié par qui ? Avec quelle estimation des dégâts collatéraux ?

Combien de fois n’avons-nous pas entendu des refrains de ce genre, avant chaque cycle de démantèlement de nos protections nationales et européennes ! Et combien de fois n’avons-nous pas enregistré, après une première période euphorisante d’importations à bas prix, le drame de nouvelles délocalisations et le ralentissement de la croissance !

Un malentendu sur le libre échange

Ceux qui avaient intérêt à la mondialisation sauvage ont réussi à faire prévaloir une conception étroite, voire sectaire, du libre échange : tout acte d’échange volontaire serait mutuellement bénéfique, et à l’inverse toute entrave imposerait un frein à la croissance et à l’emploi. Mais ce n’est vrai qu’à condition que chaque partie ait conscience des vrais prix, ou encore que les prix affichés incluent tous les coûts individuels et sociaux.

En réalité, personne ne connaît jamais le coût global de la transaction, car l’échange entraîne des conséquences annexes, dites « effets externes », qui ne sont pas chiffrés ni inclus dans les prix. Par exemple, la préférence accordée à un produit par les consommateurs peut entraîner la ruine d’une entreprise concurrente. Cette faillite impliquera des coûts : fermetures d’usines, chômage, pré-retraites, nouvelle formation professionnelle des personnes licenciées, changements de domiciles, réaménagement du territoire, etc. En général, si l’on se situe dans une zone économique, monétaire, juridique, à peu près cohérente (un marché national ou le marché unique européen par exemple), il est considéré à juste titre que les coûts annexes, dont une grande partie est prise en charge par la solidarité collective, sont supportables et qu’ils constituent la contrepartie incontournable d’un avantage bien supérieur : l’adaptation de l’économie à des conditions de production plus modernes et plus performantes.

Mais ce qui a été oublié quand les gouvernements ont laissé se mettre en place le système de la mondialisation sauvage, c’est que dans une zone très hétérogène telle que le monde d’aujourd’hui, les coûts externes ne vont pas se présenter de la même manière : si dans un pays un très grand nombre d’entreprises sont disqualifiées en même temps, la solidarité nationale va se trouver submergée de charges insupportables. Le consommateur français, achetant 100 un produit chinois qui aurait valu 200 s’il avait été fabriqué dans notre pays, va sans doute se frotter les mains devant la bonne affaire. Mais il ne verra pas – ce n’est pas inclus dans le prix – que la communauté française dans son ensemble va supporter toutes sortes de coûts plus ou moins diffus, qui vont transformer un acte individuel apparemment profitable en opération collective désastreuse.

Dans une telle situation, c’est à l’État de redresser la barre, en obligeant à incorporer dans le produit importé tous les coûts externes qu’il va générer du simple fait qu’il vient d’une zone hétérogène. Le moyen le plus approprié va consister à un imposer un droit additionnel au moment où le produit franchit la frontière. Ce n’est pas là une restriction aux échanges, comme le clament à tous vents les profiteurs qui veulent nous égarer. C’est seulement le rétablissement de la vérité des prix.

Le droit additionnel, pour jouer son rôle, devrait contrebalancer en principe les coûts externes anormaux supportés par la communauté d’accueil. Comme ils sont difficiles à calculer, il sera plus simple de se borner à neutraliser la différence des coûts salariaux et de protection sociale, afin de replacer l’acte d’échange dans le contexte qui aurait été celui d’une zone plus homogène.

Ce qui est décrit là n’est pas une opération extraordinaire. D’ores et déjà, la doctrine libérale s’accommode des réglementations destinées à préserver l’indépendance nationale dans les années futures. Par ces réglementations, l’État, qui est parfaitement dans son rôle, oblige les cocontractants à tenir compte d’effets externes inchiffrables, et même inestimables, qui affecteraient ultérieurement la liberté du pays. Donc nous ne faisons ici que transposer la notion d’effet externe à une situation nouvelle, celle de la mondialisation sauvage dans une zone hétérogène.

Bien entendu, parallèlement, on exigera que les produits importés respectent toutes les règles de santé publique, de sécurité, d’ordre public et de respect de l’environnement qui sont celles du pays d’accueil. Règles qui peuvent elles-mêmes impliquer des prélèvements aux frontières, comme la taxe carbone dont on reparle en ce moment.
Les profiteurs de la mondialisation sans règles s’exclameront sans doute qu’il s’agit là de « protectionnisme », dans le sens péjoratif de « fermeture » qu’ils cherchent à faire prévaloir. Ce n’est pas exact. Les droits compensateurs, lorsqu’ils sont destinés à combler la différence des coûts salariaux, vont s’effacer automatiquement lorsque les salaires se rapprocheront, c’est-à-dire lorsque les pays émergents auront rehaussé suffisamment le pouvoir d’achat de leurs consommateurs. Lorsque ces droits ont pour but de lutter contre un dumping environnemental ou autre, ils s’effaceront également d’eux-mêmes dès que les normes appliquées par les pays émergents s’amélioreront. Ils jouent donc le rôle d’une écluse, pas d’une barrière.

On verra dans ce mécanisme une « régulation » souple, telle qu’elle est généralement souhaitée aujourd’hui, c’est-à-dire une règle qui n’entrave pas l’activité privée mais écrête les situations excessives pour prévenir les dérapages.

Les mêmes profiteurs de la mondialisation sauvage s’efforceront aussi de verrouiller le système à leur avantage en évoquant le spectre des « mesures de rétorsion » possibles si nous essayons d’y changer quoi que ce soit. C’est effectivement un risque. Mais soyons réalistes : il faut savoir où est le plus grand danger. Si la mondialisation sauvage nous détruit, ne vaut-il pas la peine de subir des inconvénients pour la neutraliser ? Faut-il laisser le fer dans la plaie, ou courir le risque de souffrir en l’arrachant ? La réponse est évidente. Sortir de la mondialisation sauvage aura peut-être un prix, mais nous avons intérêt à le payer. Charge à nos diplomates de l’alléger au maximum en expliquant à nos partenaires que la nouvelle régulation va de l’intérêt de tous.

Droite et gauche ont un vote identique dans 97% des cas, selon une étude

Le PS de Madame Aubry tape sur l’UMP de Monsieur Sarkozy qui tape sur le PS de Madame Aubry et ainsi de suite, avec au milieu Monsieur Bayrou qui se présente comme l'anti-système bien qu'il en soit l'épicentre. Une élection approche, on rejoue donc la partition gauche-droite-gauche-droite qui rassure l'électorat de chacun sur l'identité de l'ennemi. Mais il s'agit cette fois de l'élection européenne. Que se passe-t-il vraiment dans l’hémicycle européen une fois que droite et gauche ont fini leurs chamailleries électorales ? Une étude à paraître (Observatoire de l’Europe) portant sur le sens des votes des groupes politiques au Parlement européen pourrait faire grand bruit, au moment où fusent les critiques tant du côté du Front de gauche que de celui de Philippe de Villiers contre les « arrangements et collusions de toujours » entre les grands partis qui siègent au Parlement européen depuis 1979. Jusqu’ici, personne ne s’était livré au fastidieux travail de recension des votes de chaque groupe puis à leur comparaison. L'étude à venir porte sur l’année 2008 et fait apparaître que le groupe du PPE-DE, majoritaire, qui rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens sur 97% des votes par appel nominal (rapports, résolutions) examinés par le Parlement européen. Un score digne de la Douma de l'ex Union soviétique. Sur 535 votes par appel nominal (votes électroniques, les seuls qui soient enregistrés et donc traçables) les groupes PPE et PSE n’ont voté différemment que dans 18 cas. Et sur ces 18 votes par appel nominal où ils ont divergé, ça n’était pas forcément pour s’opposer puisque l'un des deux groupes à choisi l'abstention 8 fois. C'est à dire que droite et gauche au Parlement européen ne se sont opposées que dans 10 cas sur 535 votes. Sur ces dix votes qui les ont vus s’opposer, un seul était un texte de nature législative. La convergence des votes du PPE et du PSE exprimées en pourcentages est donc de 97%. Constatant déjà la convergence de leurs politiques au plan national, l’historien Max Gallo avait un jour résumé en disant qu’ « ils se chamaillent sur le perron pour faire oublier qu’ils se partagent la maison ». Le fait est qu'ils soutiennent constamment les mêmes traités et aujourd'hui le même M. Barroso pour un nouveau mandat à la tête de la Commission. ChB

Lech Walesa invité surprise de Libertas à Rome

Lech Walesa invité surprise de Libertas à Rome
ROME, 1 mai 2009 (AFP) - Libertas, le nouveau parti qui entend fédérer les opposants au Traité de Lisbonne pour les prochaines élections européennes, compte déjà un million de membres, a affirmé vendredi à Rome son président Declan Ganley lors de la convention constitutive de ce mouvement pan-européen. Plus de 1.000 délégués représentant 27 pays se sont réunis vendredi dans la capitale italienne --où l'Europe est née le 25 mars 1957 avec le Traité de Rome-- pour entendre plusieurs leaders souverainistes fustiger le Traité de Lisbonne, les "bureaucrates de Bruxelles" et réclamer "un contrôle effectif et démocratique" des institutions européennes. L'ancien président polonais et prix Nobel de la paix Lech Walesa est venu à Rome pour dénoncer devant les délégués l'abandon par l'UE des chantiers navals de Gdansk, où il avait fondé le syndicat Solidarnosc, et s'inquiéter de l'effacement des nations européennes devant la mondialisation. Le Français Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), a indiqué à l'AFP qu'il avait réclamé devant la convention que "l'Europe prenne trois virages à 180 degrés" pour "arrêter les négociations avec la Turquie", en "finir avec le Traité anti-démocratique de Lisbonne" et "revenir à un protectionnisme européen équitable dans l'esprit du Traité de Rome". L'objectif de Libertas est d'avoir 100 candidats élus sur environ 700 eurodéputés, "à condition que le taux de participation, généralement bien en deçà de 50%, augmente de 8 à 15%", a expliqué Declan Ganley. "Libertas est le seul parti à avoir un message cohérent et à vouloir remettre la démocratie au coeur de l'Europe", a affirmé à la tribune cet homme d'affaires irlandais, qui a fondé son mouvement en réaction contre les "bureaucrates de Bruxelles" et "un parlement européen qui est devenu si faible qu'il est la risée de tous les démocrates de par le monde". Les candidats de Libertas seront présents dans les 27 pays de l'Union européenne, selon son président.

Grippe porcine : l’Europe bloque ceux qui veulent se protéger

Alors que la planète s’inquiète au sujet de la pandémie de grippe porcine qui s’est déclarée au Mexique, les ministres de la santé de l’Union Européenne ne sont pas parvenus à un accord le 30 avril sur la suspension des vols en provenance du Mexique, bloquant toute décision sur le sujet. Bien sûr, on ne sait pas encore grand chose de cette pandémie et du risque qu’elle nous fait véritablement courir. Ce risque est peut-être beaucoup plus faible que les mesures prises jusqu’à présent le suggèrent. Néanmoins, dans le cas présent, le principe de précaution doit être appliqué de manière stricte au cas où, car les conséquences d’une trop grande souplesse pourraient être dramatiques. Après tout, au Mexique, plus de 300 personnes ont été contaminées et 12 en sont mortes. C’est pourquoi le gouvernement Français a eu raison de demander une suspension des vols avec le Mexique lors d’un sommet des ministres de la santé hier à Luxembourg. Malheureusement, il semble que les procédures européennes imposent un accord des ministres pour pouvoir prendre une décision en la matière et qu’en absence d’accord, aucune décision ne puisse être prise. Résultat, non seulement aucune suspension n’a été prise pour l’Europe, mais cela bloque tous les pays membres !
Ce que cela révèle sur l’Europe Encore une fois, cet épisode montre à quel point l’Europe ignore le besoin de protection légitime des peuples qui la composent. Après le feuilleton à rebondissement des OGM où une super majorité d’Etats a réussi à mettre en échec les plans de la Commission Européenne, le mode de fonctionnement de l’Europe montre à nouveau toute sa nocivité en empêchant des pays de se protéger contre le risque de pandémie que représente la grippe porcine. La France ne peut pas suspendre ses vols vers le Mexique ! À quoi peut bien servir cette Europe qui cherche à imposer la commercialisation de semences d’une multinationale américaine contre la volonté de ses gouvernements ? À quoi peut bien servir cette Europe qui empêche à ses Etats membres une mesure de protection contre une telle pandémie ? Ce nouvel épisode démontre jusqu’à l’absurde le besoin de refonder radicalement les instances européennes pour éviter d’aboutir à de telles aberrations. (Laurent Pinsolle )

vendredi 1 mai 2009

Libertas et le 1er mai

Philippe de Villiers et Frédéric Nihous avec Libertas soutiennent les chômeurs, les victimes de plans sociaux et les salariés des entreprises délocalisées qui manifestent aujourd’hui. Ils sont résolument aux côtés de la France qui souffre.

Philippe de Villiers et Frédéric Nihous rappellent que dans 37 jours le scrutin des élections européennes sera l’occasion de voter pour des candidats qui proposent dans leur programme de passer du libre-échange au juste échange et d’instaurer un protectionnisme européen qui créera les conditions de relocalisation des entreprises.

L’UMP, le PPE et Barroso

Le PPE (Parti Populaire Européen) réuni en Congrès à Varsovie aujourd’hui, a officiellement annoncé, à l’unanimité, son soutien à la candidature de José Manuel Barroso pour un deuxième mandat comme président de la commission de Bruxelles. Rappelons que l’UMP siège au sein de ce groupe européen, autrement dit que l’UMP appartient au PPE. Et cette décision a été prise à l’unanimité par les 13 Premiers ministres du PPE au Conseil européen….dont Monsieur François Fillon.

L’UMP prouve ainsi qu’elle soutient la politique ultra-libérale de l’Europe, largement commandée par José Manuel Barroso, Président de la Commission de Bruxelles. Soutenir Barroso c’est soutenir la politique libre-échangiste de l’Europe…

Grippe porcine

L’incapacité de l’Union européenne à prendre des décisions quant à la suspension des liaisons aériennes avec le Mexique pour cause de grippe porcine, n’est une surprise pour personne, tant ce système génère paralysie et impuissance politiques.

Néanmoins, l’incapacité des 27 à se mettre d’accord ne doit pas être pour la France l’alibi de l’inaction. L’urgence sanitaire commande tout au contraire que le président de la République fasse prendre sans tarder les mesures qui s’imposent.

Il faut demander au gouvernement de faire jouer immédiatement la clause de sauvegarde du traité de Schengen et de rétablir les contrôle aux frontières de la France pour endiguer le plus possible la propagation de la pandémie, et de suspendre unilatéralement les vols entre notre pays et le Mexique.