Philippe de Villiers. Oui, parce que les Français sont de plus en plus nombreux à comprendre que la cause de la crise c’est un libre-échangisme incontrôlé qui a détruit toutes nos protections aux frontières et poussé nos entreprises à la délocalisation. Il faut mettre en place un protectionnisme européen avec des écluses douanières.
Quelles sont vos propositions ?
Il faut passer du libre-échange au juste échange. Il n’y aura pas de protection sociale durable sans protection économique. L’Europe de Bruxelles est la zone la moins protégée du monde, et
Diriez-vous que, paradoxalement, la crise est une chance ?
La crise est l’occasion historique pour passer à une nouvelle conception d’une Europe qui soit à la fois démocratique et protectrice. C’est la fin d’une époque, celle pendant laquelle la classe politique et les élites mondialisées nous vantaient les mérites à venir de la « mondialisation heureuse » : la fin des frontières, la fin des régulations, la fin des Etats. Mais elle n’est heureuse que pour les traders, les banquiers, les multinationales et les commissaires européens avec leurs pantoufles dorées.
Nicolas Sarkozy s’en sort-il bien dans ce contexte ?
Il a essayé de faire l’Europe des Etats, la seule qui marche. Mais il s’est heurté à la commission de Bruxelles. Il est dans une contradiction : il crée le fonds souverain contre les prédateurs pour sauver les entreprises françaises. C’est bien. Mais il veut le traité de Lisbonne qui, à chaque article, interdit toute forme de protection européenne et nationale.
Comment se passe votre campagne commune avec Frédéric Nihous ?
Excellemment. Nous défendons tous les deux
Votre objectif électoral ?
Avec le groupe Libertas, constituer un groupe majoritaire. Changer de majorité à Strasbourg pour changer de politique à Bruxelles .
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