mercredi 1 avril 2009

Philippe de Villiers et Frédéric Nihous ont présenté hier leurs listes pour les européennes, placées sous le signe de la lutte contre les délocalisations et l’entrée de la Turquie dans l’UE.

L’entrée de la moyenne ville d’Etampe (Essonne) est barrée d’une banderole sur laquelle on lit : « Non à la fermeture de Faurecia-Etampe ».

Le ton de la conférence de la campagne européenne du mouvement Libertas, représenté en France par le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers et Chasse Pêche Nature et Traditions (CPNT) de Frédéric Nihous, est donné par cette banderole. Les souverainistes français ont en effet décidé de placer ces élections sous le signe de la lutte contre les délocalisations.

« C’est le symbole d’un site d’une entreprise qui a bénéficié de l’argent des contribuables et qui délocalise », dénonce Philippe de Villiers, en posant pour les photographes devant l’usine automobile qui va fermer : « Cette banderole, c’est un cri d’alarme, qui veut dire : “Comment l’argent du contribuable peut-il être utilisé pour financer le chômage ?” », poursuit-il. Et de s’en prendre à une Europe des « technocrates » qui n’a pas tenu ses promesses puisqu’elle ne parvient pas à protéger ses emplois.

Mais là où Philippe de Villiers entre en campagne, la Turquie n’est jamais loin. Le président du MPF, qui avait obtenu 6,67 % des voix (3 sièges au Parlement européen) en 2004 en faisant déjà campagne sur ce thème, en profite pour dénoncer les « mensonges » du président Sarkozy qui a « promis solennellement de s’opposer à l’entrée de la Turquie » dans l’UE et qui « a pourtant fait voter une réforme constitutionnelle qui prive le peuple de l’arme référendaire » sur le sujet.

Ruralité

Les têtes de listes présentées par le leader souverainiste comptent deux représentants du mouvement CPNT (les chasseurs avaient obtenu 2,5 % des voix en 2004), dont son président Frédéric Nihous. Certains s’étonneront de voir le représentant des chasseurs faire alliance avec un parti ouvertement classé à droite, après avoir affiché sa non-affiliation partisane.

L’intéressé met en avant les « convergences » entre les deux mouvements, et en particulier leur constance dans le refus de la Constitution européenne et leur rêve commun d’une Europe qui « respecte l’authenticité et la spécificité de chacun ».

Philippe de Villiers affirme, lui, que les deux mouvements ont deux choses en commun, « un ancrage dans la France des territoires » et « la même conception d’une Europe des Etats plutôt que des commissaires ». Fort de cette alliance, et de son inscription dans un mouvement européen mené par le milliardaire irlandais Declan Ganley, le mouvement affiche de hautes ambitions : « être devant le PPE », le parti majoritaire au Parlement.

Edition France Soir du mercredi 1 avril 2009 page 5

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