"L'Empire bullocrate veut interdire les fromages de la princesse Marianne parce qu'ils sont trop riches en matière grasse (et en plus ils puent). Les rebelles sauront-ils arrêter cette nouvelle agression contre leur liberté et leur mode de vie ? Vous en déciderez le 7 juin 2009." Reprenant et doublant à la sauce souverainiste des extraits de Star Wars et X-Men, deux pastiches, postés le week-end dernier, font leur petit bonhomme de buzz. Efficaces, ils sont calqués sur les coups de gueule anti-Bruxelles du président du Mouvement pour la France (MPF) et candidat aux européennes sous la bannière Libertas. Et, forcément, ne font pas du tout dans la dentelle. (...) «L’empire bullocrate contre-attaque » s’en prend aux technocrates de la Commission européenne, des «oisifs payés pour pondre des lois inutiles». Lesquels veulent la peau des fromages qui «puent» et nuisent «gravement à la santé». Un avatar de José Manuel Barroso, sous les traits d’un menaçant «Grand abstrait», y est confronté à une petite productrice de fromages de chèvre, en pasionaria du terroir et de «la bonne odeur du lait cru non pasteurisé». Moins inspiré mais aussi azimuté, le second détournement, «Ooohhh, Banque centrale européenne », met aux prises le Docteur Libertas à l’institution, qui «refuse de baisser les taux directeurs». "La banque centrale bullocratique a décidé de maintenir ses taux directeurs au risque de plonger les peuples d'Europe dans la pauvreté. Le Docteur Libertas arrivera-t-il à la convaincre d'assouplir ses dogmes bullocratiques ?" Chez Libertas France (branche du mouvement créé par Declan Ganley, chef de file du non irlandais, qui ambitionne des listes dans tous les pays de l’UE), on jure n’y être pour rien mais on jubile de ce coup de promo, apparemment tombé du ciel. L’auteur? Une énigmatique silhouette chapeautée, au manteau noir barré d’un «L pour Libertas». Le zorro eurocritique sévit aussi sur Facebook où il dit vouloir «rétablir la liberté des peuples d’Europe contre l’oligarchie eurocrate». L’équipe de campagne de Villiers, qui dit avoir découvert les vidéos le week-end dernier, a cherché à contacter l’auteur. En vain. «Il ne répond pas à nos mails. C’est sans doute un militant qui veut rester anonyme», explique-t-on à Libertas France, où l’«on réfléchit» à un éventuel filon à creuser (...) Décidé à prendre la vague du Web pour la campagne européenne, le mouvement devrait lancer la semaine prochaine Ma libertas, son réseau social en France.
Liberation 16 avril
lundi 27 avril 2009
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