mercredi 29 avril 2009

“Un chômeur sur deux est victime de l’Europe passoire”

En quoi les élections européennes peuvent-elles utiles aux habitants du grand Est ?

Notre région est le théâtre du plus grand scandale européen des dernières années : celui de la sidérurgie, illustré par l’affaire Mittal… Notre sidérurgie qui, depuis trente ans a reçu plus de 20 milliards d’euros d’aides publiques, est aujourd’hui dévastée par le libre-échangisme suicidaire de ceux qui à Bruxelles et Paris, ont autorisé l’indien Mittal à lancer son OPA sur Arcelor et fait sauter les dernières digues qui protégeaient l’emploi. Résultat : avec l’argent des contribuables, Mittal a racheté des usines au Kazakhstan et en Bosnie, investi des milliards au Brésil, en Chine, en Inde et en Turquie, précipitant dans le chômage les salariés français. Non seulement Mittal doit rembourser, mais il faut changer les règles européennes pour instaurer des écluses douanières et un droit de véto sur les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques. Souvenons-nous que la moitié des chômeurs sont victimes de ce que l’économie européenne est la moins protégée du monde !

Et il n’y a pas que la Lorraine qui souffre…

Oui, en Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Bourgogne et même en Alsace, pas un bassin d’emploi n’échappe à la tornade : la métallurgie, l’automobile, le textile, la chimie, le tourisme, l’agroalimentaire, le vin ou le bois… De même, un cultivateur disparaît toutes les vingt minutes, parce que l’Europe agricole est devenue une passoire. Elle préfère verser des primes que garantir des prix, on marche sur la tête !


C’est donc Bruxelles qui provoque le désert rural ?


Elle l’accélère. Ainsi à cause de deux directives nos hôpitaux suppriment des lits, des emplois (1130 menacés en Lorraine), on ferme les urgences et les maternités. Avec la directive postale, on va supprimer nos bureaux de poste et le prix du timbre augmentera. Même chose avec l’électricité et le gaz. Sans parler de la suppression des cantons et départements ou de la moitié de nos sous-préfectures.

Comment remettre "l’Europe à l’endroit" ?

En rendant le pouvoir aux peuples et en relocalisant le travail. Sans quoi les milliards pris au contribuable pour tenter d’endiguer la crise seront aussi utiles que des rustines sur le Titanic. Outre une réforme de l’euro pour redonner du pouvoir d’achat et des écluses douanières pour protéger nos entreprises, l’Europe doit arrêter de verser 26 milliards par an pour subventionner les délocalisations vers l’Est ! La solidarité européenne oui, le masochisme économique non ! Arrêtons aussi de financer l’adhésion de la Turquie, diverses dépenses scandaleuses, fraudes et l’on économisera facilement 40 milliards. La France pourrait ainsi réduire d’un tiers sa cotisation européenne et financer un plan de relocalisation de l’emploi, soit l’équivalent de 300 km de lignes TGV, 600 km d’autoroutes, 6.000 appareils d’IRM pour prévenir le cancer, du triplement des allocations aux personnes âgées dépendantes ou du quadruplement des étudiants boursiers…

Alors, on la change cette Europe ?

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